28 août 2008
Auvergne
Remontons encore un peu le temps et rétrospectons... Comme de coutume chaque été (sauf l'an dernier, car le Wahnby travaillait), le hobbit a abandonné les pins et les cigales pour retrouver les chênes et les vaches... Un bol d'air loin de la pollution et de la sécheresse, au calme, au vert, loin des parents, même si ce n'est que pour trois jours et demi, ça ne se refuse pas. Comme le pépé est en maison de repos, nous avions même la baraque pour nous tous seuls pendant une journée.
Résumé de ces quelques instants...
Jeudi 21 août
Départ pour le Cantal. Mon n'hôm avait prévu de partir tôt... Mais mon organisme ayant quant à lui plutôt prévu d'insomniser, c'est avec quatre heures de sommeil dans les dents que j'ai grimpé dans la voiture. Toujours le même trajet, environ cinq heures et demi de route; nous ne rencontrons ni accident, ni incendie, ni embouteillage... Au poil.
L'après-midi, je ne tiendrai pas longtemps debout et irai me vautrer dans le lit pour une bonne heure de pionce profonde. Une fois mon repos terminé, nous irons retrouver notre forêt de sapins préférée (à l'origine une piste de ski de fond, très bien pour balader en été) et, sûrement grâce à l'altitude, j'aurai un peu froid, pour la première fois depuis notre arrivée.
Notre chambre est plus poussiéreuse que jamais. En prime: des tonnes de poils de chien que Belle-Maman n'a pas eu le temps d'enlever la dernière fois... Petit cadeau: le quignon de pain et ses miettes.
Lorsque je me penche à la fenêtre de la cuisine pour observer la basse cour, surprise: de nouveaux bestiaux viennent cohabiter avec les poules. Ils ne sont pas très haut, plutôt paisibles et de temps en temps lancent un "baaa" presque humain. Leur présence ici est pratique: ils servent de tondeuse...
Vendredi 22 août
Je suis tirée de mon sommeil (très léger, comme toujours) par le chant de la pluie... Aujourd'hui, il fera gris, brumeux, pluvieux, et froid. Un temps idéal pour aller promener, en somme, qu'importe si mes godasses sont trouées. Le parapluie dans une main, l'appareil-photo de l'autre, nous nous aventurons dehors en espérant atteindre les lambeaux de brume qui s'aggripent aux montagnes.
Nous finirons par regagner notre col préféré... Aucun promeneur dans les environs, d'ailleurs pas touche: ce coin-là est à nous. L'air est humide et froid (12°C ?), le sol boueux; de temps en temps, le vent fait frémir les branches des arbres et nous nous recevons des restes de pluie; le brouillard est bien là, et j'aime la façon dont il joue avec les rayons de soleil.
De retour à la maison, nos chaussettes sont trempées... Il nous faut pourtant nous préparer à ressortir, car nous avons prévu de tester le fameux festival de théâtre de rue d'Aurillac. Cette fois-ci, on ne rigole plus et c'est bardée de trois épaisseurs + un poncho que j'affronterai la nuit.
Le centre-ville étant fermé, nous avons logiquement opté pour la solution de la navette gratuite. Pratique, et... animé: il est 22h et nous sommes déjà accompagnés par un groupe de jeunes bourrés, qui braillent, chantent et puent l'alcool.
Une première traversée du centre-ville nous donne un aperçu du festival. La faune est partout la même: principalement des jeunes hippies, des punks et ce que j'appelerais des "habitués des rues" avec leurs chiens. La rue n'est pas couverte de verre de bouteille comme au festival de la musique à Aix, mais les effluves d'alcool (et autres...) sont au rendez-vous.
Dans les rues, nous croiserons marionnettiste, joueuse de ??? (grand instrument tout rond, métallique, dont on peu tirer une dizaine de notes en tapotant dessus), vendeur de chapeaux de lutins, créatures lunaires aux pattes trop longues et autres gens bizarres...
Côté spectacles, il y en a beaucoup et un peu partout, et une partie seulement fait partie du programme "officiel". Nous en avions choisi un, un peu au pif mais qui nous semblait pas mal (en plus, le nom de la troupe: "Carnage Production" !). Malheureusement, nous nous retrouvons devant une affichette: complet ! Les photos des journaux montrant principalement des spectacles qui se déroulent sur de vastes places, l'idée de réserver un spectacle gratuit ne nous avait même pas effleuré l'esprit... "Revenez demain !" Mouais...
Donc changement de programme: nous assisterons à "Run for Love/Course à la vie", création de Betontank et... EZ3kiel. Il s'agissait en plus du seul nom de la programmation qui me disait quelque chose: j'avais écouté l'album "Battlefield" , et même si cela ne m'avait pas vraiment touché, j'avais trouvé la chose originale et sortant de l'ordinaire. Sur le chemin vers la place de la Paix, nous croiserons une fanfare qui jouait avec de vrais instruments devant une gueule béante (une gueule d'enfer ?) qui lâchait de temps en temps des pétards et des fusées.
Arrivée à la place de la Paix. Les effluves de vomi et d'alcool y sont pires que partout ailleurs. Plusieurs grandes installations ont été montées: ici une scène du style scène de concert, là un immense "drap" vert disposé de manière à former une longue pente (aussi haut qu'un bâtiment), une scène avec un écran bleu, le tout encadré par deux autres scènes avec des écrans géants.
A l'heure dite, les lumières s'éteignent, et depuis la première scène, un musicien sort des notes sourdes et profondes comme une corne de brume depuis... une basse, qu'il frotte avec un archet. Les différents écrans s'allument; la femme puis l'homme qui y sont projetés sont en réalité bien présents, à quelques centaines de mètres de nous, en train de s'agiter devant l'écran bleu. Merveille cinématographique qui permet de mettre à peu près tout ce qu'on veut derrière lui.
Difficile de résumer la demi-heure qui a suivi... Il y avait en gros deux temps dans la performance: d'abord l'homme qui marche, puis cours, traversant forêts, campagnes puis ville; sa propre course est bientôt rejointe par... des centaines d'ondomanias métalliques ! Mais oui, vous savez, ce jouet en forme de ressort qui n'en finissait pas de descendre les escaliers... Eh bien des types en balançaient par dizaines depuis le sommet du "drap vert", les laissant courir par leurs propres moyens... Incongru et surprenant, le tout toujours entouré de la musique d'EZ3kiel.
Dans un second temps, le spectacle prend un tout autre aspect... Comme si la nature véritable de cette "course" nous était dévoilée. Car, irrémédiablement, vers quoi court cet homme ? Vers la mort. Il court, puis sombre dans le vide à tout jamais. Il est à l'image de ces ondomanias, identiques, mécaniques, animés par une espèce de vie mais à la fin inéluctable.
Un dernier temps, qui est étroitement mêlé au second, semble être une sorte d'ode à la vie. Celle-ci apparaît comme une force brute, notre seule ressource pour combattre la vision de la mort. A l'image de cet homme qui, mille fois fusillé, se relève inlassablement, ou de cette rockeuse qui vient crier dans le micro.
J'ai adoré ce spectacle. Je ne pense pas avoir tout saisi, il doit d'ailleurs y avoir mille clefs d'interprétation. Mais nous étions tous "choses" à la fin...
Samedi 23 août
Rien. Journée glandouille-animes, histoire de se reposer un peu. En tant que geek et copine de geek, nous avons monté un réseau Wifi entre nos deux ordinateurs, puis nous avons tenté de capter la connexion de la tante de Wahnby depuis la pelouse (tentative réussie).
Dimanche 24 août
Repas "familial" avec mon n'hôm, Belle-Maman, la soeur, la tante, le cousin, une amie de la tante, et le papi qui est en permission. Au menu: des truites d'élevage. Moi qui ai horreur du poisson, me voilà servie... Rien que l'odeur me donne envie de vomir... Je me serais bien contentée des patates, mais Belle-Maman tenait absolument à ce que je mange de la viande (peut-être craint-elle que je sombre, comme sa fille, dans un semi-végétarisme ?... mh, si elle savait que c'était trop tard...), on a donc ouvert aussi un pâté... (heureusement, il y avait Wahnby-à-la-rescousse pour en manger et faire croire que c'était devenu mon plat préféré).
L'après-midi, nous sommes revenus hanter les rues d'Aurillac mais cette fois-ci pour visiter le musée d'art et d'archéologie. Il n'est pas immense mais vraiment pas mal: il y a un coin sur la fabrication des parapluies (la spécialité de la ville), un étage sur l'archéologie du coin et, enfin, un étage consacré aux "beaux-arts". Bon, on oubliera le "acheulien" au lieu d'"acheuléen"...
Puis un pti "Oui, seigneur des Ténèbres !" avant d'avaler les pâtes préparées par tata (dont la sauce m'a donné mal au bide toute la soirée); remettons nos pulls, car nous sortons assister à un grand évènement: trois jeunes qui viennent faire du théâtre dans le village ! Ca se passait dehors, on s'est donc bien gelés et j'étais bien contente d'avoir un Wahnby... Les thèmes principaux du spectacle: la folie et le meurtre. Il y avait des trucs pas mal, mais dans l'ensemble je n'ai pas trouvé ça terrible... Dédicace spéciale aux deux folles furieuses à l'autre bout du terrain qu'on entendait hurler et hurler encore dans une dispute sans fin. Au final, les plus nuls, ça a été nous, puisque personne n'avait prévu de quoi remplir le "chapeau" des comédiens........
Lundi 25 août
Retour au pays de la canicule, des cigales, de l'ozone... Triste que le temps passe aussi vite.
Edit de 23h: raaah, j'ai oublié de vous parler de ma fabuleuse rencontre avec les ??? de la maison ! Je n'ai pas réussi à voir à quoi ça ressemblait mais ça m'a laissé en quelques nuits une bonne dizaine de boutons bien plus virulents que des boutons de moustique. Et je suis sûre que ce n'était ni des suceurs-de-sang-qui-font-dziii, ni des puces, ni des araignées... Ni la pierre d'alun, ni la crème de Belle-Maman n'ont pu apaiser les démangeaisons. J'étais plutôt contente de retrouver ma Provence, moi...
27 août 2008
Arelate
Aujourd'hui, petite escapade à Arles avec mon pôpa pour assister aux réjouissances proposées par la ville: animations, visites, ateliers, conférences... pour la deuxième édition des "journées romaines d'Arles". Elles ont commencé il y a deux jours et se terminent à la fin de la semaine; le programme est très fourni et peut tout aussi bien séduire les touristes que les spécialistes... Malheureusement, à moins que je ne parvienne à convaincre mon n'hôm d'y faire un saut ce week-end, je n'en profiterai pas beaucoup.
Arrivée à 15h, pile poil pour le début d'un documentaire projeté à l'espace Van Gogh qui parle du fonctionnement des thermes antiques... A ben non, loupé, le thème a changé: on aura droit aux techniques de construction et d'architecture à Pompéi. Ce qui n'est pas pour me déplaire, bien qu'entre la digestion, la chaleur et la mandoline, j'aie tendance à décrocher un peu... Le documentaire date un peu mais il n'en est pas moins intéressant; les chercheurs ont notamment filmé les gestes et techniques d'aujourd'hui (pain, four à chaux, extraction du calcaire...) qui donnent un aperçu vivant du passé.
En dehors d'un plantage de la machine au milieu (trop chaud pour elle ?), la projection se déroule sans encombre... et se termine par un "entretien" avec un archéologue de la ville. Il n'a rien préparé de spécial, il est juste là pour répondre à nos multiples questions... Il lance un truc du style "Pour une fois que vous avez un archéologue en face de vous, n'hésitez pas !" qui me fait doucement marrer.
Mais nous ne resterons pas... Car sur la place de la République, une estrade est montée et n'attend plus que ses acteurs. Après avoir longuement plaint les soldats qui cuisent comme des steaks sous leurs cuirasses, nous assistons à la "reconstitution" de noces à la romaine. Plein de costumes et de jolies couleurs, en dépit de la foule qui me bouche souvent la vue et le soleil qui cogne... En plus, j'apprends des trucs. Je suis quasiment sûre que la musique qui passait derrière était du Synaulia.
Une fois les voeux prononcés, les fiancés unis devant les dieux pour le restant de leurs jours (bien qu'il s'agisse ici de leur première rencontre), le cortège laisse place à une autre joyeuse troupe: des gais-lurons en armes, harnachés de cuir et de fer. Long blabla du chef de choeur, qui apparemment aime bien se la péter et parler devant plein de gens... Mais là aussi j'apprends des trucs et je commence à me remémorer les quelques noms de gladiateurs que j'avais appris en cours de latin. Lorsque les combats commencent, une c*nn*sse vient se foutre pile poil devant moi... Heureusement, mon pôpa me fera une place sur une estrade et je pourrai admirer les combattants se taillader, se cogner et se projeter par terre ^^
Passage à Arles oblige: nous sommes allés déguster une glace de Soleileïs, ce glacier qui fait lui-même ses cornets et ses boules à la vanille, chocolat, amande amère, figue, olive, réglisse, etc... C'est donc le gosier un peu plus frais que nous avons vaguement suivi le défilé: légion, citoyens et, un peu plus loin, gladiateurs ont arpenté les rues du centre-ville.
Mon pôpa a pris plus de cent-vingt photos au cours de l'après-midi (mais je suis sur aucune d'entre elles XD); j'en ai mis une partie en ligne et y ai ajouté un certain nombre de commentaires/ explications. D'habitude, je suis plus "conférence" ou "visite" qu' "animations", mais bon une fois de temps en temps ça ne peut pas faire de mal...
Petit bonus sans aucun rapport: une vue de la Crau depuis la voiture. Des géants qui ont la tête qui tourne...
10 mai 2008
En guise de prélude...
Non, le hobbit n'est pas mort. Et son blog non plus. Juste un peu déboussolée par la quantité de choses à faire en ce moment, en particulier le week-end, seul [long] moment où je peux avoir le net. Oui, je vous raconterai mes deux journées de folieuh avec le Bloub (et en musique, siouplaît). Mais en attendant, petite dédicace spéciale aux deux escapades qui ont précédé la-dite aventure...
Acte I - Mon cœur est resté à Carthage
Dépitée qu'il n'y ait au final plus personne pour venir avec moi au fantastique festival belge des Anthinoises (j'avoue, je me sentais moyen de faire deux trajets de sept heures toute seule... j'ai loupé Estampie entre autres, mais je vous préviens, l'année prochaine à Trolls & Légendes il y a Daemonia Nymphe qui doit jouer, alors j'irai même à dos de chameau s'il le faut, et cette fois au moins je saurai qu'il ne faut attendre personne), mais mon envie de voyager ne s'étant toujours pas tarie, je décidai de mettre en œuvre un projet qui me titillait depuis longtemps: Paris. Paname. The capitale, quoi. Oh, pas pour son moulin rouge, sa tour en ferraille, ses restaurants chicos ou ses boutiques, nan nan nan: pour ses musées. Bon, pas facile à caser, un séjour à Paris, surtout lorsque les week end sont toujours pleins et que les rares vacances ne servent qu'à stager. Le véritable déclic arriva lorsqu'Alfirin m'annonça qu'elle allait retenter le Louvre (l'Ecole) et qu'elle montait donc quelques jours... En un rien de temps, les billets de train étaient pris, avec en plus l'aller dans le même train, dites-donc. Départ un mercredi soir, retour un vendredi matin... (pour sauter dans un bus et atterrir dans un cours). Pour dormir: incruste chez Alfirin et son homme qui m'avaient gentiment invitée. Au programme: visite de l'exposition la Méditerranée des Phéniciens, à l'Institut du Monde Arabe. Hop, réservation du billet pour une visite dès l'ouverture du musée; la technologie, c'est le bien.
Et voilà, sonnez trompettes, me revoilà dans le TGV pour une toute nouvelle escapadeuh. Lorsque nous arrivons à Paname, il fait nuit et froid, et je regrette amèrement de ne pas avoir trouvé d'écharpe ou de gants avant de partir (absolument impossible à dénicher dans Aix, pourtant j'en ai fait des boutiques, et pourtant il faisait pas ben chaud). A partir de là s'ensuivent une série d'évènements anodins qui, alors que nous avions dû arriver vers 22h à la gare, nous envoyèrent nous coucher dans les... 3-4h du matin. Pour se lever à 7h (ben oui, on avait décidé d'y aller tôt !!). Alors que ça faisait bien une semaine que j'insomniais déjà pas mal. Mais gardons le moral, youpi youplà, on est à Paname.
Prendre le RER vers minuit était déjà une expérience à la limite du paranormal. Mais le prendre à 8h du matin avec quelques heures de sommeil dans la tête, c'était pas mal non plus. J'ai été drôlement étonnée de la tête que tiraient les Parisiens: aussi grise que leur temps. Soyons clairs: j'ai une certaine horreur de la "gaieté gratuite", celle qui fait sourire les gens comme des andouilles, voire même les fait chanter. Mais alors j'avais rarement perçu jusque là une telle aura de glace grisâtre autour de tant de monde à la fois. Pas qu'on soit particulièrement rigolards dans le sud, contrairement à ce que les publicités à la con veulent faire croire, mais bon, une telle sensation de "non-âme", ça m'a perturbée. Et là m'est venu la réflexion que, quoi que je fasse, je ne pense pas pouvoir un jour habiter Paris; pas pour les gens eux-mêmes, mais pour le Soleil. Car je me suis rendu compte il y a peu, et à grands regrets, qu'un manque de soleil un peu trop long me fait très vite déprimer, et ce quelle que soit mon humeur d'origine.
Bref passons, sinon je finirai jamais ce blog et je trouverai une excuse pour louper le piano demain matin. Nous ressortons des entrailles de la terre pour rejoindre le bitume ferme. De loin, Notre Dame nous fait un coucou, et là, je sais que je n'ai pas assez dormi que je suis bien retournée à Paris. L'Institut du Monde Arabe est un édifice fort... contemporain ! La façade est entièrement composée de vitres abritant des diaphragmes qui, je l'apprendrai plus tard, s'ouvrent et se ferment en fonction de la lumière du soleil... Je ne suis pas douée en architecture, et encore moins en civilisation arabe, mais certains éléments m'ont fortement rappelée des détails de mosquée, notamment cet étrange sous-sol, forêt de piliers toute en largeur, ou encore la présence d'une cour centrale... Bref, un monument on-ne-peut-plus moderne tandis que moi, j'arrivais pour remonter les siècles.
Les objets de l'exposition en eux-mêmes étaient d'une beauté époustouflante. Je suis tombée follement amoureuse de cette civilisation, ce qui m'a encore plus fait regretter de ne pas avoir suivi les cours de M.S. en deuxième année... (connerie de cours de piano) Forcément, on avait mis l'accent sur l'Egypte, donc toutes les petites camelotes égyptiennes (ptah-patèque et scarabées !) abondaient. Mais il y avait aussi (et c'était là le plus intéressant) de nombreux objets propres aux Phéniciens-mêmes, hérités de traditions diverses ou absolument nouveaux (œufs d'autruche, coquillages gravés...). Je ne m'étends pas sur les Phéniciens, il y aurait trop de choses à dire... je reste donc sur l'idée que tout dans cette exposition a éveillé ma curiosité et mon intérêt.
Mais.
Entre les foules d'objets réunis dans des salles minuscules alors que les visiteurs abondent en masses compactes (qui te poussent... et te repoussent... comme au gré de vagues), les cartels placés n'importe où mais jamais là où ça aurait pu être pratique, les objets mal (ou trop !) éclairés, les cartels échangés et mélangés... Il y avait parfois de quoi rire [jaune]. Ce qui est vraiment, vraiment dommage pour une telle expo surtout quand on paye plein pot alors qu'on est étudiant en histoire de l'art et archéologie. Donc Alfirin s'est un peu lâchée dans le Livre d'or, tout comme un très grand nombre de visiteurs avant nous. Je suppose que, de nos jours, on cherche à faire dans le design pour les expositions, au détriment de l'utile et de l'agréable. Eh oui, il y a des gens qui non seulement lisent les cartels, mais qui en plus veulent voir toutes les vitrines: fichtre !
Après un repas avec des sandwichs à 5-6€ (finalement, ça ne me change pas beaucoup d'Aix), nous repartîmes vers l'IMA car l'autre face du musée nous attendait: les collections permanentes. Beaucoup moins excitant que la Phénicie, je dois l'avouer, avec en plus l'amer arrière-goût de tous les cours que j'avais ingurgités à la va-vite l'année d'avant, après cette longue période sans sommeil ni répit que nous appellerons semestre 4. D'un côté, je voyais enfin autre chose que des salles de mosquées en diapo + plan, et cela m'a réjoui. Terres-cuites, calligraphie, astrolabes (magnifiques !), tapis (+ poussière)... Mais la fatigue commençait à se faire vraiment sentir, et après un petit tour obligatoire par la boutique, nous n'étions pas mécontents de retrouver l'air frais du dehors.
Au départ, nous avions prévu d'aller faire un petit tour au Louvre, classique mais gratuit pour nous. Mais là, drame: Alfirin's boyfriend se rend compte qu'il a oublié sa carte-spéciale-étudiant-Louvre. Alors nous nous contenterons d'un petit tour à Notre Dame, devant laquelle j'étais maintes fois passée mais jamais entrée (en définitive: je la préfère de l'extérieur, il y a des gargouilles et pas de gens bizarres qui chantent en cercle). Nous avons été agréablement surpris par une giboulée de mars bien sympathique qui m'a trempée et glacée jusqu'aux os (bien sûr, juste à ce moment-là: impossible de rentrer dans la cathédrale, car tout le monde s'y précipitait !). Entre ça, le manque de sommeil et l'hypoglycémie qui allait croissante, je n'étais plus très très bien. En fait, je commençais à ne plus vraiment comprendre ce que les gens autour de moi disaient... à avoir les jambes qui flageolaient... à ne plus pouvoir dire plus d'une demi-phrase correcte. Comme si une connexion corps-cerveau était en train de se faire la malle, ou s'était barrée depuis longtemps. Ce n'est donc pas sans soulagement que j'ai enfourné les trois mini-muffins de Quick. D'ailleurs, à Paris, le mystère de la Trinité marche aussi pour les muffins de Quick: si vous demandez "les trois mini muffins comme sur l'affiche", on vous en sert... 9. Parce que 1 mini-muffin = 3 mini-muffins. C'est logique.
Pour terminer la soirée, j'ai encore abusé de la gentillesse des tourtereaux en leur terminant leurs tablettes de chocolat, mais cette fois-ci on n'a pas oublié le cidre. Encore une nuit plutôt courte puisqu'il fallait que je me lève vers 4h pour prendre le premier RER (5h) et choper mon train (6h). Les sous-sols de la gare entre 5 et 6h, surtout quand on n'a peu dormi, ça peut relever du fantastique: j'ai eu à un moment l'impression d'être dans un mauvais rêve et de ne plus du tout savoir quel escalier prendre. Heureusement, une voix dans ma tête me disait de continuer de monter vers la surface, inexorablement... J'ai un peu attendu pour voir le soleil se lever, puis je me suis vautrée dans les sièges du TGV pour récupérer un peu. A peine arrivée à Aix, je me suis rendue à la MMSH pour atterrir dans un cours qui parlait alors... des Etrusques :) J'étais crevée, mais avec la tête encore pleine de bonnes choses. Merci beaucoup à Alfirin et son homme, sans qui tout cela n'aurait pas été possible.
Acte II - Une journée en Auvergne
La petite escapade en Auvergne que nous nous sommes offerte le Wahnby et moi n'est en fait que l'accomplissement de quelque chose que nous attendions depuis... cet été. Nous avions failli réussir à partir, lorsque patatras: belle-maman s'était démonté l'épaule en faisant du vélo (le sport, c'est mal). Et quelques jours en Auvergne, c'est encore plus difficile que pour partir à Paris, parce que là il faut aussi que le Wahnby soit libre, ainsi que sa mère (parce qu'on n'occupe pas la maison du pépé si elle n'est pas là), ainsi que sa sœur (sinon, avec qui belle-maman promènera-t-elle le chien ?). Ce ne fut donc pas une mince affaire, mais nous y réussîmes bel et bien. Je me suis quand même pas mal posé la question si faire 12h de route pour seulement une après-midi de promenade ça valait le coup, et au final je peux répondre que oui, ça valait le coup, et pas seulement pour voir le paysage........
Le nouvel album photo du blog est là pour raconter en images certaines des choses que nous avons pu voir, même si des photographies ne suffisent pas pour exprimer toute la quiétude d'un lieu, le chant du ruisseau, les bruits des oiseaux, la douceur de l'air, l'odeur de la terre humide. Nous nous sommes tout d'abord rendus à Salers pour enfin voir à quoi pouvait bien ressembler ce joli petit village sans les touristes (effet garanti ! car l'été, Salers, c'est un peu le Disneyland du Cantal...). Puis nous avons roulé jusqu'à atteindre un coin où il y avait encore de la neige. Au passage, nous nous sommes même faits courser par un gros chien blanc très con, qui ne voulait plus lâcher la voiture. Enfin, nous avons suivi un panneau indicateur qui disait "ruine du XV°" pour tomber sur de charmantes vieilles pierres, et ce après un loooong chemin en lacet. De cette escapade, nous n'avons ramené que des carrés de Salers (rapidement dévorés), des photographies et... une adorable vache miniature avec sa cloche et qui fait "meuh" quand on lui appuie sur le ventre (cadeau d'anniversaire pour une copine).
Le calme du lieu, même pour deux nuits, m'a fait du bien. Le comble, c'est qu'on a eu une journée ma-gni-fique, alors que deux jours après, il neigeait presque. Et puis le matin, avant de partir, on s'est même amusés à aller faire deux-trois photos dans le cimetière du village (non, nous ne sommes pas allés déterrer les morts, voler des crânes ou briser des croix; j'ai déjà un très grand respect pour les cimetières, alors en plus s'il y a la mémé du Wahnby dedans...).
Le lendemain de notre retour, je bossais déjà sur des céramiques. Quant au week-end suivant... La suite la prochaine fois ;)

19 février 2008
Notre-Dame-de-Consolation, Hyères (Var)
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Hier, j'étais à... Carqueirannes pour rendre visite à mon pépé. Nous avons échappé aux danseurs de country pour gravir Costebelle ("la belle colline") à Hyères à défaut de pouvoir visiter le site archéologique d'Olbia, fermé jusqu'au 31 mars. De là-haut, on peut contempler les environs et suivre des yeux les hélicoptères de la base militaire. Des restes de murs supposés protohistoriques côtoient un monument aux morts des plus singuliers... --> (monument aux morts de l'aéronautique navale de Hyères)
Mais il n'était rien comparé à l'église édifiée un peu plus loin. Le culte est assez ancien mais la "parure" ne date que de 1955. A l'extérieur déjà, un Christ plus rachitique que jamais, à la Giacometti, nous observe. La façade du monument est, euh... fort originale avec ses couleurs (tout tourne autour du bleu et de l'ocre) et ses personnages longilignes dont le visage est plus un masque qu'une face humaine, ce qui m'a fortement rappelé certaines formes d'arts "premiers". Au niveau de l'iconographie, on reconnaît des étapes importantes de la vie de la Vierge : l'annonciation, la visitation, la naissance du Christ (j'aime beaucoup le bœuf et l'âne réduits à de simples masques), la fuite en Égypte, l'assomption. Petit détail : la gargouille sur la gouttière, en haut à gauche.
A l'intérieur, le mur sur votre droite est entièrement une grande composition de vitraux. Elle raconte les différentes étapes de la construction de la chapelle (les évènements sont datés). La Vierge trône en son centre, son visage semble n'être plus qu'un heaume.
Au fond : la cène. Ici un détail, où l'on ne voit que 9 personnages sur 12 (11 apôtres et le Christ, Judas étant absent).
En face du vitrail, une fresque rappelle quelques épisodes importants de la vie de la Vierge.
Deux vues générales : la façade et le chœur.

L'évènement "lol" de la journée, ce fut trois pouf' qui m'ont qualifiée de "satanique". Enfin, pas trop devant moi, juste entre elles mais assez fort. C'est marrant, on ne me l'avait plus dit depuis le collège. Tout ça pour un manteau en cuir et des cheveux noirs ? Pfff...
Sinon, je me suis bien ennuyée, à tel point que j'ai acheté un jeu pour mon téléphone portable.
Les illustrations ont été chipées sur cette page (notre appareil photo n'avait plus de piles -_-'), où vous pourrez aussi trouver tout un historique et une description complète de l'église.

16 novembre 2007
Souvenirs
Chose promise, chose due : voici quelques photos et videos du concert du 8 novembre...
○ La seule photo que j'ai prise de the Moon and the Nightspirit a été postée dans le précédent billet. Vous pouvez donc voir ici Corvus Corax, pas tout-à-fait au grand complet puisque j'avais du mal à choper les trois percussionistes...
○ Avant de jeter un oeil et une oreille aux videos, je vous en conjure : passez d'abord écouter les chansons des Hongrois disponibles sur leur myspace (ici), car le rendu 'studio' et le rendu 'live' n'ont rien à voir.
NB : Vous remarquerez peut-être dans la foule, aux pieds des musiciens, quelques fans blondinets et rachitiques qui ont l'air... euh... à fond. Avant que le concert ne commence, ils avaient déjà avalé plusieurs bières et fumé quelques chichons, mais on dirait que la musique les a mis complètement en transe... Si cela consistait encore seulement à 'faire le cyclope', comme on dit au rugby (en gros : montrer son c**), ça ne serait pas bien grave, mais là leurs cris et leurs gesticulations s'apparentaient plutôt à des idées genre "Oh oui, beau grand Germain, je suis ton esclave, tu es mon dieu !! Fais de moi tout ce que tu voudras, je serai ton objet !!!". C'est peut-être de l'hystérie masculine, allez savoir... En tout cas, j'ai trouvé ce comportement vraiment moyen, surtout après avoir entendu les-dits types sortir le mot 'ar.yen' plusieurs fois pendant l'attente pré-concert.
11 novembre 2007
The Nohurias and Llewella's great escape
Prologue
Il faut à tout prix que je vous fasse un résumé de ma journée de jeudi aujourd'hui, car me connaissant, passé le délai de trois-quatre jours, je n'aurai plus ni la motivation ni l'inspiration (ni l'ordi sous la main) pour raconter tout ça. Alors qu'il y a plein de choses à raconter.
Cela faisait un bon moment déjà que je préparais cette escapade du 8 novembre. Certains diront qu'il faut être fou pour faire autant de chemin pour un simple concert. Eh bien, dans ce cas, soyons fou ! Même si je ne suis pas une musicienne aguérie, la musique tient une place très importante dans ma petite existence ; c'est une forme d'art qui me touche largement plus qu'aucune autre. Elle est vivante et je ne pourrai jamais m'en passer. Et les concerts deviennent d'autant plus précieux lorsque les styles que l'on aime sont peu écoutés, et que les groupes que l'on adore viennent rarement faire des concerts en France... En recevant ma bourse début octobre, j'en avais mis une petite partie de côté, dans l'espoir d'un quelconque évènement (festival, concert, soirée...). Lorsque j'ai entendu parler de la venue de deux de mes groupes préférés à Lyon, un élan de liberté m'a saisie, et j'ai presque immédiatement pris la décision d'y aller. Par chance, mon ami Nothurias était prêt à me suivre dans ma folie.
Je me suis donc progressivement renseignée sur les tarifs tgv... Sur une solution d'hébergement... Sur la ville de Lyon elle-même, et la façon de s'y déplacer une fois à l'intérieur... C'est ainsi que le soir du 7, tout était fin prêt : cartes, adresses, bagages... Il n'y avait plus qu'à essayer de dormir (je n'y suis pas parvenue, d'ailleurs) et arrêter de culpabiliser sur le fait que j'allais manquer un cours entier de protohistoire et garder des forces pour les deux jours suivants, qui s'annonçaient fort... fatigants (et je ne me trompais pas).
Chapitre I : le train
Nous sommes partis de Martigues vers 12h30 pour arriver à la gare d'Aix-TGV vers 13h30; nous allions donc avoir une heure et trois quarts d'heure de rab'. C'était assez amusant de penser que le trajet Martigues -> Aix-centre-ville en bus mette autant de temps que le trajet Aix -> Lyon en TGV... Pendant le temps de libre qui nous était imparti, je suis allée récupérer ma fameuse carte 12-25. J'en aurais été encore plus fière (de ma carte) si la madame de l'accueil avait eu autre chose que des pochettes "carte enfant" pour moi... C'est pas grave, le ridicule ne tue pas, et j'adore le rose (haha).
En attendant avec angoisse que le numéro du quai s'affiche, j'ai grignoté mon déjeuner et papoté avec Nothurias. Tout est arrivé finalement très vite. Au moment où le TGV est entré en gare, je trépignais d'impatience. L'heure ? C'est bon, ça a l'air d'être ça. Le quai ? Non, non, on n'a pas pu se tromper. Le numéro de train ? Oui, c'est le bon... En laissant vagabonder mon esprit d'une idée setressante à l'autre, comme c'est habituellement le cas lorsque je suis très nerveuse, j'ai mis le doigt sur ce qui n'allait pas : "On a fait composter les billets ?" Une étrange lueur de doute est passée dans le regard de Nothurias... Mais il était alors trop tard : il nous fallait monter en toute hâte, ou nous allions louper le train.
Et j'entends... siffler le train... ops, pardon, je m'égare.
Bon... Un peu penauds, une fois nos affaires posées, nous nous sommes mis en quête d'un contrôleur pour réparer cette bourde. La question était : un contrôleur, à quoi ça ressemble ?... La dernière fois que j'avais pris le train, c'était il y a trois-quatre ans, donc la seule chose dont je me rappelais au sujet des contrôleurs, c'est qu'ils avaient une casquette. Après avoir exploré tout le train de long en large, on s'est rendu compte que les contrôleurs c'étaient les types en gris dans le wagon du fond et qui nous voyaient passer depuis tout à l'heure et qui devaient se dire : "Qu'est-ce qu'ils cherchent, ces andouilles ?". C'est ainsi, qu'après un rapide compostage, nous sommes retournés doublement penauds à nos places...
Cela ne nous a pas empêché de profiter du voyage. A travers la fenêtre, beaucoup de cumulus bleu-gris, filtrant les rayons du soleil, et un paysage de feuillus dorés, orangés. Ça sent bon l'automne.
Mais déjà, nous approchions de Lyon... Fichtre, le temps passe si vite... Alors, voyons voir à quoi peut bien ressembler la gare Lyon Part-Dieu...
Chapitre II : Lyon - court aperçu
... et bien, aussi étonnant que cela puisse paraître, à une gare. Une grande gare. Nothurias décide d'ailleurs de me rassurer en me racontant que la fois où il a dû faire une correspondance ici, le numéro du quai s'est affiché cinq minutes seulement avant l'arrivée du train. Hahaha.
Premier pas dans Lyon, la ville... Du mouvement partout (logique : c'est une grande ville, et nous sommes prêts d'une gare). C'est grand et... nouveau. Voilà ce qui me plaît le plus.
Je déplie ma splendide carte achetée lundi-même, où j'ai déjà tout noté (ou presque) et nous décidons pour tuer le temps d'aller faire un tour en un lieu dont j'ai fort entendu parler : l'échoppe 'la Mandragore', boutique d'articles médiévaux en tous genres. Petit calcul... Et nous plongeons dans les entrailles de la cité, car c'est par métro que nous nous déplacerons. Seulement quatre lignes, ce qui semble peu à côté de Paris, mais qui se révèlent bien efficaces (pas comme à Marseille, où on en a deux...).
Lorsque nous retournons à l'air libre, il fait déjà nuit, mais cela n'a pas l'air de gêner le moins du monde la cathédrale Saint-Jean, dont les pignons s'élèvent fièrement vers le ciel, les contreforts solidement plantés dans le sol, ni la basilique que nous apercevons au lieu, rayonnante de lumière. Je regrette un peu que mon appareil-photo ne soit pas trop nocturne; tant pis, il n'y aura qu'à s'imprégner de l'atmosphère du vieux Lyon et de s'en souvenir plus tard. Un très beau quartier, comme je les adore, loin du mouvement de la gare. Nous ne sommes rentrés que dans la Mandragore, mais cette boutique vaut vraiment le coup d'oeil. C'est un vrai régal pour les yeux, mais un déchirement pour le porte-monnaie coeur... Tant de belles choses sont entreposées là : bracelets et diadèmes en cuirs, bagues en argent, torques en bronze, étoffes médiévales et gothiques, sacs, bougies, épées, Hypocras... Je me lamente en silence pour ne plus avoir un rond 'sortable' sur mon compte en banque, puis me réjouis de ne devoir pas choisir quelque chose, tant l'embarras du choix serait pénible. Nous avons un peu discuté avec le vendeur (vraiment très sympathique... c'est surtout Nothurias qui lui a parlé, en particulier de combat médiéval), j'ai quand même acheté trois paquets d'encens puis nous avons dû nous remettre en route, pour trouver à nous sustenter et aller à la rencontre de notre hébergement.
Deux photos que j'ai réussi à prendre :

Chapitre III : à la recherche de la salle de concert perdue
Le temps de reprendre le métro, de rencontrer la madame grâce à qui nous allions pouvoir dormir pour 10€ chacun et de poser nos bagages, il était déjà fort tard. Le début du concert était prévu pour 20h ('prévu', haha) alors nous avons opté pour le taxi. J'avais calculé : cela revenait cher mais pas trop.
Enfin, ça, c'était la théorie. Ce que je n'avais pas pris en compte, c'était le fait que le chauffeur regarderait plus le GPS que la route et qu'il ne trouverait pas la salle de concert. Il faut dire aussi qu'elle était vraiment bien cachée, dans un coin de la zone industrielle. Et que nous avons certainement dû passer devant, mais je ne regardais alors pas le côté des impairs mais celui des pairs. Plus les minutes passaient, plus l'heure du concert se rapprochait, plus j'angoissais... Sans oublier le compteur qui grimpait, graimpait, ce qui m'angoissait encore plus.
A un moment, le taxi s'est rangé sur la droite et à interpelé une personne qui passait par là. Ce que nous ne savions alors pas, c'est que cette personne était envoyée par la Providence. Car elle cherchait aussi le Lyon's Hall. Ne faisait ni une ni deux, fidèle à mon propre proverbe : "Il vaut mieux être à plusieurs dans la m*rde que tout seul", nous avons payé le taxi (la note s'élevait à 26€ !!! -_______________________-) et sauté de la voiture pour rejoindre Fred (car cette personne s'appelait Fred). Nous avons bien marché, tourné, sans cesser de nous demander si elle existait pour de bon cette put*in de salle. C'est grâce à mon n'hôm (resté à Martigues) que nous avons pu obtenir le numéro de téléphone du Lyon's Hall, appelé et suivi leurs indications. Si un jour vous la cherchez, sachez que cette salle de concert existe bel et bien, elle est juste plus paumée que paumée, dans une sorte de cour, il n'y a rien qui l'indique et il y a un néon vert à l'entrée.
Arrivés (enfin !) devant la-dite salle, il avait beau être dans les 20h15, plein de monde traînait dehors. Bon, les concerts en retard, c'est monnaie courante. Sauf que ça jouait bel et bien, là-dedans (je reconnaissais sans problème le tambourin de the Moon and the Nightspirit). Mais tout le monde restait dehors, en se demandant à moitié quoi faire, et ce qu'il se passait vraiment. En poussant la porte, je me rends compte que celle-ci n'est absolument pas fermé (!) et qu'il n'y a personne derrière (!!). Un grand escalier qui doit monter vers des loges et une sorte de couloir qui mène à la vraie salle, où le groupe est apparemment en train de faire quelques réglages. A suivi une heure assez déconcertante, où se mêlaient attente et questionnements... Hum, tout cela avait l'air fort bien organisé !
Nous ne sommes pas entrés dans la salle avant 21h. Pas très grande (plus petite que le Poste à Galène), plutôt bien aérée, avec un écran géant où passait un concert du King (pour se mettre dans une ambiance médiévale-folk... hum), elle s'est remplie assez vite et nous étions une petite centaine pour le début du concert.
Chapitre IV : the gig !
(bon, je dois faire vite, car on me souffle à l'oreillette que ma môman a besoin de l'ordinateur...)
Maintenant, je peux le dire : j'ai vu Corvus Corax sur scène ! En vrai ! Cela m'a fait vraiment bizarre de réaliser ça, depuis cinq ans que j'écoute leur musique... La première partie était donc assurée par le groupe the Moon and the Nightspirit, qui a dû jouer une demi-heure (première partie, quoi). J'aime énormément ce groupe de musique, qui mêle douceur, poésie et paganisme, et j'ai été déçue que la 'salle' ne soit pas à leur hauteur, tant au niveau du son (impossible d'entendre le violon ou la flûte, comme s'il n'y avait que la percussion et la guitare qui étaient importants...) qu'au niveau du public (beaucoup de gros lourds qui braillaient sans se soucier que des gens jouaient sur scène). J'espère que le groupe se sera mieux fait connaître avec cette tournée, même si finalement être en première partie de Corvus Corax (musique médiévale essentiellement composée de cornemuses et de percu, très entraînante, voire 'bourrine' et martiale) lorsque l'on chante des mélopées aux faunes et à Dame Nature n'est peut-être pas la meilleure des solutions.
J'ai encore une fois de plus maudit mon porte-monnaie et mes dernières dépenses lorsque j'ai vu, étalée sous mes yeux, la discographie complète de Corvus Corax... Sans compter des t-shirts du groupe hongrois. Aaarglh.
Lorsque le tour des Allemands est arrivé, l'ambiance était déjà bonne dans la salle. La scène s'anima... et le spectacle commença. Le son des tambours a marqué le début d'une heure trente de pur bonheur. J'ai pu hurler des airs que je connaissais par coeur et trépigner au rythme des 'bom-bom', même depuis ma petite corniche en bois (depuis laquelle j'avais une super vue et que je n'ai quittée que vers la fin du spectacle). Les Corvus sont des monstres de scène. Tous leurs instruments sont beaux et personnalisés (jusqu'à des trompettes de brume immenses, des mobiles-ossuaires, des trompes de bronze, des gongs...), ils ont une pêche incroyable (pour sauter en jouant de la cornemuse, par exemple...). Durant leurs concerts, tout bouge, perpétuellement, indéfiniment. Jeux de scènes et chorégraphies... Couleurs et formes des costumes... Un vrai régal, autant pour les oreilles que pour les yeux.
La reprise de 'Chou-Chou-Sheng' a achevé de m'épuiser. En ressortant de la salle, je n'avais plus de souffle, plus d'oreilles... Et c'est là que je me dis que, malgré ma shkoumoune, j'ai souvent beaucoup de chance, puisqu'au lieu de courir jusqu'au métro (nous risquions de ne plus avoir assez d'argent pour un autre taxi), c'est Fred-Providence qui nous a ramenés jusqu'à notre logement. J'étais vraiment dans les choux à ce moment-là et je regrette de ne pas l'avoir assez remercié à ce moment-là. On ne lui a même pas filé nos adresses internet. On ne lui a même pas offert une bière. Les gens biens sont si rares, de nos jours...
La scène...
The Moon and the Nightspirit (manque un musicien à gauche)
Corvus Corax... (ici en train d'interpréter 'la ballade de mercy', en français siouplaît)
Epilogue
Grâce à Fred, nous ne sommes pas rentrés tard (vers minuit et quart je pense) mais nous repartions tôt (lever à 6h45). Le temps de prendre la douche et de me rendre compte que je ne parvenais pas à m'endormir à cause du froid, je pense avoir dormi 3-4 heures. Il avait plu et il faisait bon dehors; j'étais épuisée mais vraiment heureuse.
Nous sommes rentrés sans encombre, avec un brownie chacun dans le ventre. Le mistral nous a froidement accueillis à la gare d'Aix TGV (eh oui, il fait plus froid ici qu'à Lyon lorsque le vent souffle) et, à 13h10, nous étions enfin (déjà ?) de retour au bercail.
Etrangement, la véritable fatigue, celle qui t'accable pour de bon, ne s'est manifestée que samedi. J'ai dormi quasiment toute la journée. Je ne me suis pas douchée et habillée avant 18h, et le soir (même aujourd'hui) j'étais bien kaput.
Bon... j'ai plein de photos et de videos, mais je n'ai pas encore tout uploadé. Je vous mets tout ça sur le net dès que possible. Pour le moment, il va falloir me retourner un peu à la réalité et rattraper mes cours en retard (car j'ai beau être à Aix, mes cours à moi ne sont pas bloqués, héhé). En espérant pouvoir repartir une fois encore dans l'année... Rien qu'une fois...
28 août 2007
Médiévales de Brignoles ~ 18 août 2007
"Eté" rime avec "festivals" et "fêtes médiévales". Je fréquente depuis quelques années celle d'Istres, qui a lieu aux alentours de la Saint Jean, mais faute de transport je n'avais jamais participé à une médiévale plus grande. Elles pullulent pourtant dès que les beaux jours reviennent (pour vous en convaincre, cliquez ici). C'est d'ailleurs un peu par hasard que j'ai pu me rendre une journée à celles de Brignoles, qui se tenaient du 17 au 19 août. Je m'explique : nous avions reçu chez nous deux amis de Paris (qui ont d'ailleurs participé au Salon de Gémenos, cf le post précédent). Ils ont entendu parler de la fête médiévale et voulaient y aller ; du coup, on a essayé de repousser la date de leur départ (échange de billets, tout ça), mais cela leur revenait beaucoup trop cher ; nous n'avons donc pas pu y aller avec eux, mais il s'est trouvé que ma môman était à son tour vivement intéressée par la médiev' !
C'est ainsi que le 18 août à 14h nous nous retrouvions, ma môman et moi, à chercher une place dans les rues de Brignoles. Il faisait particulièment chaud (je suis d'ailleurs rentrée à la maison avec une migraine effroyable qui m'a clouée au lit et qui était encore bien vivace le lendemain matin), mais pas assez pour nous décourager. Le programme était assez riche : plus de vingt compagnies de spectacle, de nombreux artisans démonstrateurs, beaucoup de stands assez variés (j'y ai même vu des armes de GN)... Les festivités se déroulaient sur six places différentes, de 11h du matin à tard le soir, et ce pendant trois journées consécutives. Le must : les médiévales fêtaient leurs dix ans et, pour l'occasion, accueillaient quatre des villes jumelées à Brignoles (de Belgique, d'Italie, d'Allemagne, et de Pologne).
Je n'ai pas pu voir toutes les troupes de l'après-midi. Il y avait surtout de la musique, mais également du conte, du spectacle... Le soir devait être animé par un spectacle équestre ainsi que par différentes troupes (dont les génialissimes Saboï !), mais je n'avais pas prévu de rester et il me tardait de rentrer. Ce fut une journée vraiment très agréable - si l'on excepte la chaleur -; j'ai passé la plus grande partie de l'après-midi avec ma môman et C. qui était aussi de la partie ; j'ai rapidement croisé une copine de Martigues ainsi que S. et N. qui, grosso-modo, arrivaient quand je partais. J'aurais bien dépensé quelques euros si mes dernières économies ne se trouvaient pas dans la bourse que l'on m'a volée que j'ai perdue* ^^'
*cf épisode précédent
Afin de donner un aperçu de l'ambiance, j'ai posté une série de photos et je vais essayer de rajouter ici quelques videos (qualité toute pourrie car uploadé avec youtube). La semaine d'après, c'était aux médiévales de Tarascon d'avoir lieu, mais bon, on ne peut pas être partout !
In Taberna :
La Petite Flambe :
Marotte et les Musards :
Waraok :
8ème Salon du Jeu de Rôle, du Rêve et de l'Imaginaire ~ 11 et 12 août ~ Gémenos
Pour la deuxième année consécutive, j'ai pu participer à ce fameux salon, organisé par Rôle'n'troll :) Depuis huit ans maintenant, l'association organise plusieurs activités "ludiques" dans l'année à Gémenos, au pied des montagnes (massif de la Sainte-Baume). Le Salon du Jeu de rôle... etc a lieu vers mi-août. Durant deux jours, la place de l'hôtel de ville et la salle des fêtes s'animent : plusieurs associations (jeu, grandeur nature, théâtre...) viennent présenter leurs activités et proposer des parties de jeu de rôle; de nombreux jeux en tous genres (jeux de cartes, wargames...) sont mis à la disposition des visiteurs, qui peuvent ainsi tester les dernières nouveautés et découvrir de nouveaux jeux; des activités sont organisées tout le long du week-end, rythmant celui-ci (tombola, joute avec des armes de GN, Loups-Garous de Thiercelieux géant, atelier de peinture de figurines...). Du point de vue rôlistique, ce sont autant des parties courtes et d'initiation qui sont proposées que des parties longues; ces-dernières peuvent ne se terminer que très tard dans la nuit, voire très tôt le matin, quitte à faire une nuit blanche :o)
C'est donc avec impatience que je me suis rendue à Gémenos ce samedi 11 août. Nous avions décidé de nous séparer en deux groupes et de nous retrouver tous là-bas. Ainsi, le nôtre était composé de D. (c'est grâce à lui que nous avons pu aller là-bas), nos deux amis parisiens arrivés la veille chez nous, mon frère et moi. Nous avons dû arriver là-bas aux alentours de midi et demi, après nous être un peu perdus du côté d'Aubagne. Il y avait déjà pas mal de monde, mais ce n'était pas encore bondé... Comme j'avais vraiment envie de participer à quelque chose ce jour-là, mais que C. et N. ne pointaient toujours pas le bout de leur nez (en vérité, ils n'allaient pas arriver avant 15h ^^'), Laurette et moi nous nous sommes inscrites à une partie courte proposée par Rôle en Lubéron. Mon frère s'est rajouté à une liste déjà longue de joueurs de Cthulhu, en espérant être pris le soir.
Ce fut une très bonne après-midi. La partie de jeu de rôle fut certes courte (deux heures), mais franchement géniale. En tant que fan inconditionnelle de Tolkien, je ne pouvais en plus que me réjouir de pouvoir évoluer sur les Terres du Milieu ! J'étais ravie de pouvoir sortir mes propres dés, qui ne m'ont [presque] sorti que des bons scores (une naine minière-forgeron-guerrière, ça rigole pas). Nous avons longuement flâné entre les stands (en particulier l'artisan de cuirs, Role Games et le vendeur d'accessoires pour cartes), testé plusieurs jeux et terminé la journée par un grand Loups-Garous de Thiercelieux. Après manger, mon frère est allé rejoindre sa table, et nous avons sorti le Munchkin. Donc, pas de jeu de rôle "by night" pour moi cette année ; j'espère pouvoir y remédier l'année prochaine.
Le lendemain, nous avons dû partir relativement tôt pour assister à la pièce de théâtre "interactive". Il faisait très chaud, j'étais donc bien contente de mon costume d'elfe-des-forêts-en-mini-jupe, et je m'en suis même sortie sans coups de soleil (mais avec un petit bronzage, mine de rien...). Nous ne sommes pas restés jusqu'à la fameuse joute où tout le monde se tape dessus ; nous avons encore testé quelques jeux (il y avait la climatisation à l'intérieur, ce qui nous encourageait vivement à ne pas traîner dehors) puis nous avons quitté Gémenos.
En somme, j'ai passé un excellent week-end, même s'il y a des têtes que j'aurais bien aimé croiser et qui m'ont manquée. Mais qui bosse, qui travaille, qui à la tête ailleurs... Peut-être l'année prochaine ?
Et un petit [voire gros] bemol pour moi, c'est que j'ai perdu ma bourse. Chuis vraiment une gourde, je le sais. J'explique : pour jouer aux Loups-Garous, il fallait s'assoir sur la pelouse. Comme ma ceinture était un brin encombrante, je la détache. Le jeu passe... Une fois terminé, je prends ma ceinture à la main - sans vérifier si tout y était -, je vais jsqu'à la voiture de Cyril où je récupère mon costume du soir, je me rends aux chiottes avec tout mon fourbi dans les bras pour me changer... Et au moment de remettre ma ceinture, je remarque que ma bourse (avec mes toutes dernières économies à l'intérieur) a disparu. Moment de panique. Je refais plusieurs fois le chemin que je viens d'effectuer ; je retourne à la pelouse ; je fouille le coffre de la voiture ; je demande à quelques personnes s'ils ne l'ont pas vue... Mais il faut se rendre à l'évidence : elle n'est plus là. J'ai quand même laissé un message à l'accueil sur le tableau veleda, sans trop me faire d'illusions (et j'avais raison). Sniouf. J'aurais quand même aimé récupérer la bourse, même vide.
Pour le programme complet de l'évènement, vous pouvez cliquer ici. J'ai posté quelques photos sur le blog. Vous en trouverez d'autres sur le site officiel : role.n.troll.free.fr.
























