13 août 2008
Un peu de sci-fi siouplaît
Je voulais poster ici quelques mots au sujet de mon dernier coup de coeur cinématographique... Je vais très rarement au cinéma donc, lorsque ça arrive, c'est que j'ai choisi un film que j'ai vraiment très envie de voir. En ce qui concerne ma dernière virée, aucune déception: le dernier Pixar/Disney est un petit bijou. WALL-E, c'est l'histoire d'un petit robot qui a été créé par une grande société dans un grand projet de sauvegarde de l'humanité. Le hic, c'est que ce Wall-E constitue aussi le dernier semblant de vie à animer la surface de la Terre.
Tout le film est atrocement mignon, rigolo et tendre: les robots, les multiples cliquetis/ crissements/ bruits mécaniques, les interactions entre les personnages... Mais ne vous méprenez pas sur l'aspect-dessin-animé-pour-enfants: les actions se déroulent sur fond de terre polluée et abandonnée; la planète bleue n'est plus qu'une gigantesque poubelle condamnée à l'oubli. Que faire des déchets ?? Il est à présent un peu tard pour se poser la question... Et tout ça, c'est sans compter la rencontre avec l'homo obesis, descendant direct de l'homo consommans. J'ai trouvé la vision presque cauchemardesque :-/ Je ne peux malheureusement pas en dire plus, car je risquerais de rentrer dans le spoil.
Je ne suis pas sûre que rentrer dans un multiplexe climatisé comme un frigo, s'affaler dans son siège géant avec des pop-corns à la main et regarder ce film en mâchonnant bruyamment puisse éveiller chez l'humain moyen la flamme de l'écologie. Je n'y crois même pas du tout, d'autant plus que Wall-E reste un film pour enfants, donc avec des normes à ne pas dépasser. Mais j'admire quand même la délicatesse du geste et la beauté du message
03 juillet 2008
Un anime sympathique...
... mais dont on pourra fort bien se passer.
Kiba
L'histoire
L'histoire débute dans une ville morne, grise, sale, appartenant au monde de "Calm". Aucun vent n'y souffle jamais. C'est là qu'habite Zedd, quinze ans, jeune garçon impulsif, turbulent mais surtout mélancolique. Dans cet univers morose et étouffant, seul son ami Noah, un garçon chétif, semble le comprendre. Son dernier parent reste sa mère, mais celle-ci est plus ou moins réduite à l'état de légume dans un lit d'hopital.
Vient un jour où les rêves de Zedd commencent à s'agiter: du plus profond de son esprit, une forme ailée semble l'inviter à la suivre, mais disparaît presque aussitôt... Ce n'est que le signe avant-coureur d'un évènement inouï et inespéré: suite à des évènements d'une nature douteuse, le jeune garçon se retrouve aspiré vers un monde nouveau, un pays où le ciel est clair et où le vent souffle.
Ce monde ("multi-monde, pourrait-on dire) regorge de personnages aux pouvoirs particuliers: les Shard Casters. Ceux-ci, en plus d'être des guerriers émérites, peuvent convoquer leur Spirit, sorte de monstre qui, en vérité, reflète l'âme de son possesseur.
Devant une telle puissance, Zedd ne peut que désirer ardemment devenir l'un de ces guerriers. Il ne sait pas encore qu'il possède naturellement ce type de pouvoir, ni qu'une très grande aventure l'attend. "Grande", car la série fait tout de même 51 épisodes... De quoi largement explorer tous les pays à disposition, rencontrer des princes et des tyrans, se faire tantôt aimer, tantôt trahir, découvrir les secrets qui régissent le monde et son destin.
Mon avis
Je n'aurais jamais eu l'idée de commencer une série comme celle-là si mon n'aimé ne m'y avait pas forcée invitée; en effet, l'histoire ne me semblait pas paliptante, et le dessin un peu gamin... Au final, Kiba n'est pas LA série du siècle, ni celle de 2007, mais elle se laisse agréablement regarder. L'atout majeur (qui peut cependant décourager à première vue) est le nombre d'épisodes (51), car l'histoire est ainsi largement développée (sans toutefois partir dans des choses très compliquées), avec ses pays, ses personnages, ses intrigues, etc. L'idée générale de Kiba concerne la soif de pouvoir des hommes et ses conséquences, thème classique mais loin d'être épuisé. Un point vraiment négatif, par contre: le personnage principal est parfois une vraie tête à claques !!
(désolée pour la taille des images, mais il y en a peu sur la toile)
[EDIT: un nouveau sondage depuis hier !]
01 juillet 2008
Seirei no Moribito : Le Gardien de l'Esprit Sacré
L'histoire
La légende de la fondation du nouvel empire Yogo raconte qu'il y a de cela un siècle, un héros, Torgal, vint en aide au peuple Yakue en débarrassant le pays d'un démon qui asséchait les eaux. Le combat fut long et rude, mais les vaillants soldats de Torgal parvinrent à abattre le monstre. Le héros fut alors proclamé empereur et engendra une dynastie au destin brillant.
Cent ans plus tard, une garde du corps d'une trentaine d'années, Balsa (ou Barusa suivant les transcriptions) est mandée en secret auprès de la seconde impératrice. Celle-ci la supplie de protéger son fils, Chagum, des tentatives d'assassinat de son propre père. Il s'avère en effet que le jeune garçon est possédé par ce même démon qui assécha les terres il y a un siècle de cela; afin de ne pas mettre son peuple en danger, l'empereur a pris le décision de mettre fin aux jours de son fils.
Commence alors pour Balsa, lancière au passé mystérieux, et le jeune Chagum, prince-enfant encore ignorant du monde "extérieur", à la fois une fuite et une quête: il s'agit d'abord d'échapper aux redoutables assassins du prince mais également de découvrir ce qui possède réellement l'enfant, et pourquoi. L'aventure sera longue et pleine d'embûches, mais Balsa est à la fois rusée, courageuse et forte; elle a juré de ne pas mourir avant d'avoir accompli sa promesse et semble prête à tout pour protéger l'enfant. Leurs pérégrinations les mèneront bien plus loin que ce qu'ils auraient pu imaginer: à l'orée du monde des esprits et plusieurs siècles en arrière.
Mon avis
Coup de cœur du hobbit !! Si, comme moi, vous êtes fatigués des animes qui se passent dans des lycées, des histoires de filles en mini-mini-jupe (et méga-méga-soutifs) ou de mecs dont le pouvoir est clairement visible à travers la taille de sa coup de cheveux, du gore à volonté et du combat entre gros bills, cette série est pour vous ! Je n'avais en vérité pas eu une telle surprise depuis Mushi-shi (que je n'ai toujours pas terminé de voir, d'ailleurs...). Je la déconseille par contre à ceux qui recherchent de l'action à outrance. Il y a de très belles scènes de combat (bien animées, bien rythmées et réalistes), certes, mais il y aussi de grandes périodes de calme qui se concentrent sur la nouvelle vie de Chagum, les liens qui se tissent entre les personnages. Les découvertes ne se font que petit-à-petit, ne soyez donc pas trop impatients. D'ailleurs, je vous déconseille d'aller lire les synopsis sur internet, car ils sont généralement allègrement bourrés de spoilers.
Qu'est-ce qui charme dans cette série ? Eh bien, à peu près tout, je dirais. L'histoire a déjà des éléments que le hobbit affectionne: une femme guerrière au noble cœur, très talentueuse et loin de tous les clichés de la barbare en string de mailles ; de la "magie" mais pas au sens vulgaire du terme, plutôt une forme de merveilleux, courant des les cultures asiatiques, où les phénomènes fantastiques ne sont pas inacceptables et cohabitent même avec les hommes (la frontière qui sépare le monde des esprits de celui des mortels est en effet perméable, parfois floue); des personnages peu nombreux mais attachants. Enfin, un élément qui n'est pas des moindres: tous les détails concernant la vie quotidienne, les célébrations, la vie au palais, les costumes, la cuisine... sont d'un réalisme saisissant. Ceux-ci sont avant tout inspirés de la Chine médiévale et donnent à Seirei no Moribito une vie qui fait souvent défaut dans les autres séries.
Ajoutez à cela une OST formidable, signée Kenji Kawai (dont j'avais déjà admiré le talent dans Avalon, Ghost in the Shell: Innoncence et Fate Stay Night), qui est un savoureux mélange entre le style le plus délicat du compositeur et des sonorités chinoises, ainsi que des décors splendides qui sont l'œuvre de Yusuke Takeda, et vous obtenez un anime de toute beauté. Anime qui n'est pas sans soulever un certain nombre de questions, comme par exemple au sujet de la "colonisation" de Yogo et de l'implantation de nouvelles croyances, ou encore à propos du geste de l'empereur, qui prend la décision de sacrifier son propre fils...
Lien vers le trailer de la série: ▲
Lien vers le site officiel: ▲
22 février 2008
I am legend
.
Parce je commençais à avoir pas mal de bons échos de ce film, j'ai décidé, pour une fois, de me rendre au grand multiplexe de ma ville et d'y débourser 7€ et des poussières... (oui, oui, avec la réduction étudiant...)
Entre temps, j'avais profité d'une nuit d'insomnies pour dévorer le bouquin de Richard Matheson. Même que je me le suis acheté en poche, alors qu'il paraît qu'on a une édition Delux' qui traîne dans un placard. Attention, je n'ai pas dormi pour pouvoir lire le livre : c'est parce que je ne dormais pas que je l'ai lu. Avec seulement quelques heures de sommeil, j'étais un peu dans les choux pour mon cours d'informatique le lendemain, mais au moins j'avais la satisfaction d'avoir terminé un chef d'œuvre du fantastique (ou de la science-fiction ? attribuer un genre est parfois délicat) et je pouvais tranquillement aller visionner la bobine : car je n'aime pas trop lire un livre après avoir vu l'adaptation cinéma, je préfère l'inverse.
En ce qui concerne le livre tout d'abord, je crois avoir rarement lu quelque chose d'aussi "tripant". Il est court et se lit vite, il n'y a aucune longueur. L'histoire commence avec une des nuits que Robert Neville passe depuis des mois, ces heures durant lesquelles, en dépit des volets clos, il est difficile de garder son calme tant la situation est pesante et les voix venues de l'extérieur abominables.
Oui, des voix, car dans le livre les "vampires" ont une apparence trop humaine pour les monstres qu'ils sont. Mais Robert n'est pas dupe. Il sait que c'est son sang qu'ils réclament, et que s'il quitte sa maison, il sera immédiatement dévoré.
Pourtant, Robert est toujours à deux doigts de craquer. Sa solitude totale l'a rendu dépressif, alcoolique et violent. Il se demande parfois si cela ne vaudrait pas mieux d'en finir, d'aller se jeter dans cette masse grouillante qui hurle son nom.
Chaque jour, les mêmes gestes ponctuent son quotidien, comme changer les gousses d'ail accrochées aux fenêtres, faire le plein d'essence, exécuter le plus de vampires possibles. Robert n'est pas un scientifique militaire, il n'est qu'un pauvre clampin qui ne comprend pas tout ce qui lui arrive. Il se contente de survivre sans réel espoir, avoir de temps en temps une pensée pour sa femme et sa fille qui ont toutes les deux connu des fins atroces.
Voici quelques éléments qui introduisent la trame du livre, je ne développerai pas plus. Disons juste que je me suis tellement régalée à lire le livre que j'avais hâte de voir ce que donnerait le film, d'autant plus qu'on m'en avait dit pas mal de bien. Adapter tout le roman aurait été trop long mais beaucoup de passages étaient largement aussi intenses qu'un film, donc je trouvais la transition presque normale.
Dans le film de Francis Lawrence, changement radical dès le début : Robert Neville, incarné par Will Smith, n'est pas n'importe qui, c'est un grand savant qui travaillait dans l'armée; il est riche (ou "était", au vu de la situation de l'économie mondiale...) et en bonne santé. Il a des armes à foison, un laboratoire, une bagnole chic et rapide... et un chien. Car, un héros qui ne parle pas, ça le faisait moyen pour un film, aussi le réalisateur a-t-il choisi de lui fournir un compagnon.
Dans ce scénario-ci, le phénomène qui a transformé l'humanité est bien connu : il s'agit d'un virus propagé suite à une erreur humaine (à cause d'une femme... voilà ce que c'est que de mettre des incompétentes au ministère de la santé !). Exit toutes les ressemblances avec une certaine créature mythique buveuse de sang: ces monstres sont de simples "contaminés" et ne ressemblent plus à des humains. Il reste le fait qu'ils semblent être sensibles à la lumière du jour, ce qui là aussi oblige le héros à se retrancher chez lui coûte que coûte avant le coucher du soleil.
Le film est composé en grande partie de vues étonnantes de New-York, ville déserte et à l'abandon qui n'est plus habitée que par des animaux et des contaminés. La cité semble avoir trouvé un certain état de calme sans l'humain, si bien que Robert apparaît comme un intrus. Comme si un certain ordre naturel régissait le lieu, on sent que la fin du personnage approche lentement et qu'il finira bientôt par disparaître, laissant la ville entièrement calme. Car en dépit de sa force physique et de son intellect, la déchéance du personnage a déjà commencé.
C'est là le point fort, exceptionnel, du film: l'interprétation de Will Smith. Qui l'eût cru ? L'acteur nous avait habitués à des rôles "tape-à-l'œil", des héros à qui tout réussit et qui "se la pètent". Rien à voir ici: Robert Neville est un homme comme les autres en dépit de son rôle important dans l'armée, un homme qui a peur et que la solitude est sur le point de rendre fou. Le jeu de Smith est impeccable et surprenant : il pleure, gémit, frémit, hurle... J'ai été agréablement surprise, moi qui avait d'abord soupiré lorsque j'avais appris que c'était lui qui avait décroché le rôle. Comme quoi : il ne faut pas parler trop vite !
A présent, en ce qui concerne les points que j'ai le moins aimé... Je me suis parfois un peu ennuyée, si le film avait été plus long je pense que j'aurais pété un câble (il dure 1h40, ce qui n'est pas bien long pourtant). Filmer des scènes sans tension n'est pas trop mal, mais il y en avait trop à mon goût.
Ensuite, l'adaptation du texte de Matheson peut être discutée. J'ai finalement été un peu déçue que tout soit revu à la "sauce américaine actuelle" : le héros a un statut important et des moyens ; il n'y a plus le côté mythique du vampire, ce qui relègue l'œuvre à un simple film de "contaminés" (moins fun que les zombies, selon moi); il n'y a plus l'ambiance glauque du roman, instaurée entre autres par le fait que les infectés aient encore l'apparence des personnes que Robert a connues...
Le développement et la fin n'ont absolument rien à voir si l'on regarde le livre ou le film, et c'est là que l'on se rend compte que l'adaptation a vraiment été faite de manière à rejoindre la tendance "états-unienne". Sans spoiler, je dirai que dans le premier on a un personnage sans espoir et une histoire dans laquelle toute dimension religieuse est finalement absente tandis que dans le second on a un "héros" et tout l'arrière-plan Dieu, les hommes, toussa... L'histoire de Matheson était finalement peut-être trop désespérée pour Lawrence ou bien pas assez "actuelle" (le roman date tout de même de 1954 : à cette époque, les amateurs de science-fiction affectionnaient d'autres thèmes, d'autres idées que les réalisateurs d'aujourd'hui).
En conclusion, je retiens que le film était "pas mal" et que c'est surtout l'interprétation de Will Smith qui en fait un bon film. J'en attendais peut-être trop, puisque l'on m'en avait dit beaucoup de bien et que j'avais adoré le livre... Dans tous les cas, je ne regrette pas de l'avoir vu, mais ça n'aurait peut-être pas été plus mal en DVD ^^'
26 décembre 2007
Si, Oscuro Signore !
Bon eh bien je profite de ce début d'insomnie pour vous parler du dernier petit jeu que j'ai pu tester...
Oui, Seigneur des Ténèbres ! est un jeu de cartes importé d'Italie et qui se déroule dans l'univers de la bande dessinée "Rigor Mortis" ("rigidité cadavérique" en latin). Un jeu de plateau, Kragmortha, est également sorti, mais je ne saurais vous en dire davantage.
Oui, Seigneur des Ténèbres ! est idéal pour ceux qui avaient apprécié la liberté de narration dans Il était une fois mais qui avaient également perçu les limites du jeu, en particulier lorsque celui-ci se retrouve entre les mains de cinq-six rôlistes à l'esprit tordu.
Vlà le synopsis : vous faites partie du groupe de gobelins / sous-fifres / esclaves (veuillez rayer la mention inutile) que le seigneur Rigor Mortis a envoyé en mission. Malheureusement, une fois de plus, l'expédition n'est qu'un lamentable échec... Il va pourtant falloir vous expliquer avec son Excellence, et lui raconter à cause de quoi et (surtout) de qui vous n'avez pas pu mener à bien la mission. Vous avez intérêt à avoir de très bonnes excuses et à savoir rejeter naturellement la faute sur les autres si vous ne voulez pas recevoir de 'regard noir' !
Le fonctionnement du jeu est très simple. On peut y jouer de 4 à 16 joueurs ; l'un d'eux sera Rigor Mortis. Chaque serviteur a une main constituée de cartes "excuses" et de cartes "actions". Les cartes "excuses" sont celles qui constituent la trame sur laquelle le joueur pourra broder son baratin. Elles ont chacune un titre, une illustration et une légende, ce qui laisse un certain nombre de possibilités d'interprétations. Les cartes "actions" permettent de passer la parole à un autre joueur, l'obligeant à son tour à parler et trouver des excuses... On peut aussi s'en servir pour enfoncer un gobelin qui est en train de parler (gniark !).
Dès que l'histoire commence à vraiment manquer de cohérence ou bien que ce qui s'est passé déplaît très fortement au sieur Mortis, vous vous prenez un Regard Noir. Au bout de trois Regards Noirs, vous avez perdu : en tant que bouc émissaire, vous serez lynché à mort mais vous pourrez savourer votre vengeance en jouant Rigor Mortis la partie suivante.
Bref, vous voyez le topo... On part très vite dans des délires non-euclidiens, mais attention à toujours suivre le fil de l'intrigue ! C'est un jeu bourré d'humour que je ne peux que conseiller ;)
Pour une petite présentation flash marrante, cliquez ici.
Et sur le site de Stratelibri, l'éditeur de Rigor Mortis (fumetto + jeu), je peux lire qu'une première extension (en italien) a vu le jour, avec de nouveaux lieux, objets, personnages mais aussi cartes action.
11 décembre 2007
His Dark Materials : The Golden Compass
Eh oui, trois jours seulement après sa sortie, le hobbit est allé visionner au cinéma le dernier film gros budget du moment. Je ne suis pas particulièrement fan de me précipiter dans une salle bondée, mais l'occasion s'est présentée, alors pourquoi pas, comme ça c'est fait... Ainsi, bien calée dans un siège deux fois trop grand pour moi, j'ai pu voir la Boussole Dorée de Chris Weitz, qui n'est rien de moins que l'adaptation sur grand écran du premier tome de la célèbre trilogie de Philipp Pullman : A la Croisée des Mondes.
Petit détail au sujet du titre choisi : le titre original de la trilogie est His Dark Materials, et celui du premier tome, Northern Lights, comme si l'on voulait concentrer l'attention du lecteur sur ce phénomène étrange et central que sont les "lumières du nord". En français, le titre choisi a été les Royaumes du Nord, ce qui tend plus à faire référence au voyage de l'héroïne. Enfin, pour le film, c'est l'aléthiomètre qui a été mis en avant dans le titre, d'où le nom de 'boussole dorée', que je n'aime pas trop, mais bon pourquoi pas...

Très bref récapitulatif : l'histoire se passe dans un monde parallèle au nôtre. Qui dit monde parallèle dit évolution différente... Le détail le plus frappant est sans aucun doute l'existence des daemons, sortes de réceptacles de l'âme qui prennent une forme animale et peuvent communiquer avec l'humain auquel ils sont liés. On ne peut imaginer un humain sans son daemon, ce serait à la fois absurde et horrible. Faire du mal au daemon de quelqu'un revient à faire soufrrir cette personne, et vice-versa. Mais attention : il est extrêmement gênant et 'impoli' de toucher le daemon de quelqu'un, c'est quelque chose qui ne se fait pas.
L'autre évolution parallèle notable concerne la technologie de ce monde. Point d'ordinateur ou de voitures, rien de tout cela n'a été inventé, et les inventions rappellent plutôt les zeppelin et les machines à vapeur. D'autres éléments plus 'magiques' font partie intégrante de ce monde, notamment des sorcières qui volent et ne meurent pas de froid et une société d'ours blancs en armures.
L'histoire est centrée sur une petite héroïne : Lyra, 12 ans, orpheline et recevant son éducation du Jordan College. En la suivant, on découvre peu à peu que le monde où elle vit est régi par l'équivalent d'une Eglise : le Magisterium, qui est conflit perpétuel avec les érudits de l'époque... Or, il s'avère que les érudits en question sont sur le point de faire une découverte extraordinairement importante mais aussi extraordinairement dangereuse du point de vue du Magisterium. Au centre de ces spéculations se trouve le sujet tabou de la 'Poussière', que le gouvernement semble redouter plus que tout. Des bouleversements importants se préparent, et ces évènements s'organiseraient autour d'une certaine petite fille blonde - du moins d'après la 'prophétie des sorcières'.
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Ceci n'est que le début d'une aventure fabuleuse et unique en son genre. J'ai pris énormément de plaisir à lire la trilogie de Pullman, aussi j'ai été d'abord enthousiasmée puis dégoûtée d'apprendre qu'un film se préparait. Je suis allée voir le film en sachant à peu près à quoi je devais m'attendre, et c'était à peu près ce que j'avais prévu, à savoir un copier-coller du scénario du bouquin, un casting hors-de-prix, des décors impressionnants mais tout cela sans la 'magie' qui se dégageait de la lecture. Tous les éléments importants du livre sont bien là, mais compacter toute l'histoire en deux heures était bien évidemment impossible, ou alors seulement par quelqu'un d'astucieux. Du coup, comme quasiment à chaque fois que je vais voir une adaptation de roman au cinéma, toutes les scènes semblent trop courtes, superficielles. On dirait que, pour compenser, le réalisateur a essayé de rester le plus fidèle possible à ce que dit le livre, cela en engageant des stars et en faisant créer des décors somptueux. Mais malgré le jeu des acteurs, il y a comme un gros vide : toute la beauté et la poésie de livre sont réduites à néant, le résultat est plutôt terne et sans vie.
Bon... Tout ça n'est que mon avis personnel, bien sûr. J'ai quand même été contente de voir s'animer Serafina Pekkala et Lee Scoresby sous mes yeux, même si la panthère des neiges de Lord Asriel ressemble davantage à un lynx du point de vue de sa taille et que Pantalaimon a une voix de toon. De plus, ça m'a donné envie de relire le deuxième tome (la Tour des Anges), car j'ai réalisé que je ne me souvenais plus de grand-chose...

23 novembre 2007
El Laberinto del Fauno
Tant que j'en ai encore le courage (aujourd'hui, ça a été journée glandouille pour moi, avec la flemme de faire quoi que ce soit), j'aimerais parler d'un film vu la semaine dernière et qui m'a beaucoup plu... Pour la version française, le titre a été traduit 'le Labyrinthe de Pan' (même constat pour la version en anglais), alors que le titre original est bien 'el Laberinto del Fauno'. [C'est un choix discutable. Certes, Pan est un dieu-satyre, mais un faune n'est pas forcément à rapprocher de Pan, surtout en dehors de tout contexte gréco-latin... Peut-être est-ce parce que le mot 'faune' n'est pas très parlant pour la populace, alors qu'avec 'Pan' on pense tout-de-suite à la 'flûte de Pan'...]
Je referme la parenthèse, puisque cela ne change absolument rien au film de Guillermo del Toro.
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L'histoire se déroule en pleine Espagne franquiste...
En fait, non, cela ne commence pas comme ça. Pas avec l'évocation de l'Espagne sous Franco, après la guerre, mais avec un conte de fées, qui narre le récit de la princesse de l''autre monde', le monde souterrain. On raconte que cette princesse voulut un jour explorer le monde des mortels...
Retour à la réalité. La jeune Ofelia voyage avec sa mère, Carmen, pour aller s'installer chez le capitaine Vidal, tout juste marié à cette dernière. Ofelia ne le connaît pas, mais sa mère semble lui porter une grande estime, et lui demande de l'appeler 'papa' malgré tout.
A peine arrivée sur son nouveau lieu de vie, la petite fille va découvrir un étrange monument en ruines, une sorte de labyrinthe dont l'entrée est surmontée d'un masque de faune. C'est ici que, plus tard dans la nuit, elle fera la rencontre de son gardien et qu'elle se verra imposer trois épreuves...
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Tout cela est sans compter le monde des adultes : celui du franquisme, qui poursuit sans relâche les 'traîtres' ; celui du capitaine Vidal, dont la cruauté n'égale que sa folie et sa peur de la mort ; celui de la grossesse de Carmen, et de sa triste relation avec son mari. Pendant une partie du film, les deux univers évoluent en parallèle, si bien que l'on se demande quand est-ce qu'il se rejoindront. Malheureusement, la très jeune et innocente Ofelia sera confrontée bien trop tôt au monde réel.
Bien que dangereux et souvent ambigü, l'univers d'Ofelia apparaît comme beaucoup moins sombre mais tout aussi concret que le 'monde des adultes'. La petite fille devra pourtant faire un choix et décider auquel elle appartient vraiment. Elle sera guidée par ce faune, créature mi-arbre/mi-animal, mi-humain/mi-ovidé, qui peut tout aussi bien rassuer qu'inquiéter.
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Le Labyrinthe de Pan est un film que j'ai vraiment beaucoup aimé et que je pense classer sans problèmes dans mes films favoris. C'est d'abord le côté 'mystère' qui m'a plu (la forêt, les êtres magiques, des épreuves... comme dans un conte de fées classique, en comme) mais c'est surtout la manière dont ce côté fantastique s'inscrit dans un cadre réel que j'ai trouvée très intéressante. L'univers du conte de fées y est traitée d'une manière particulière, comme une échappatoire au monde réel jusqu'à ce que la coexistence de ces deux mondes se pose.
Le réalisateur n'a pas souhaité nous épargner quelques petites scènes de trash/gore, en particulier lorsqu'il s'agit du capitaine Vidal, dont l'apparence est celle d'un homme mais qui semble lui-même n'avoir plus rien d'humain. S'il y a bien un monstre dans ce film, il s'agit sans nul doute de Vidal... Même le 'Pale Man', aussi effrayant, grotesque et dangereux qu'il soit, n'est pas comparable au capitaine franquiste.
Donc... laissez-vous bercer, surprendre, entraîner par le faune et son labyrinthe... Vous m'en direz des nouvelles.

En guise de fin, voici un des 'secrets de tournage' que l'on peut lire sur Allociné :
"Le Labyrinthe de Pan a mûri pendant près de vingt ans dans l'esprit de Guillermo Del Toro, qui avait en tête un film bien différent à l'origine : "À la base, le scénario du Labyrinthe de Pan ressemblait à ma toute première version de L'Echine du diable, et aurait dû être mon tout premier film si j'avais réussi à trouver le budget nécessaire pour le réaliser à l'époque, raconte Guillermo Del Toro. Il y était question de la révolution espagnole et l'histoire parlait d'une jeune femme enceinte qui rejoignait son mari dans une maison restaurée par ce dernier. En visitant la demeure, la future mère découvrait un jardin en forme de labyrinthe, où elle croisait un satyre. Elle faisait l'amour avec la bête qui lui proposait de sacrifier son enfant pour que le labyrinthe puisse fleurir. Si la femme avait accepté, elle aurait vécu pour l'éternité aux côtés du satyre. Même si au final, des ressemblances demeurent, la nouvelle version du Labyrinthe de Pan est malgré tout très différente, mon côté sentimental ayant finalement pris le dessus."
























