Llewella's home

Quelques fragments de ma sphère.

08 janvier 2010

Message

    Pardonnez la pauvreté de mes messages depuis quelques temps. Depuis que je suis sur Faith-bouc, j'avoue consacrer moins de temps à mon blog. Mais ce n'est pas la seule explication. J'ai aussi un peu perdu de ce qui fait la fibre-même d'un "vrai" blog, c'est-à-dire l'envie d'écrire tout en racontant sa vie. Je ne vis pas moins et je réfléchis autant qu'avant, seulement j'éprouve moins le besoin de venir écrire ce qui se passe et ce à quoi je pense.
    Cela a commencé lorsque j'ai décidé d'abandonner tout message "chuintant" ou "sanglotant" sur ce blog-ci. Je pense que c'est parce que je ne voulais pas que des moments pénibles mais futiles (ou pas, cela dépend...) restent à la vue de tous. Que ce soit ici ou sur le "site bleu" (copyright Yun Yun), j'ai freiné ce besoin de venir écrire dès que ça n'allait pas. J'ai réalisé qu'il s'agissait d'espaces "publics" et que je n'avais pas envie de saouler les autres avec mes petits problèmes.
    Quelque part, cela m'a aidée. J'ai l'impression que je vois moins les choses en noir qu'avant. Je crois que j'essaie d'être réaliste sans que le pessimisme ne l'emporte.
    Mais en même temps, j'ai beaucoup moins envie d'écrire qu'avant. J'ai l'impression que tout ce qui en ressortira sera faible et vain. Peut-être est-ce de la méga-flemme. Peut-être est-ce la peur que cela me prenne trop de temps. Peut-être parce que, dévoiler une "vraie" partie de soi, c'est quelque chose d'un peu pénible, notamment quand on sait que cela ne sera probablement plus valable le lendemain, qu'on aura changé d'avis, de point de vue, d'humeur.
    Je pense que c'est tout ça à la fois qui fait qu'aujourd'hui je me contente de billets sans saveur. Je continue à parler de certaines choses que j'aime, mais j'ai évacué tous les coups de gueule, les ressentis, les malaises, etc. Ce n'est peut-être pas plus mal. Après tout, un blog n'est que le vague reflet de la personne qui l'écrit. Tout comme n'importe quelle image, il est aisé de la modeler afin qu'elle donne ce qu'on souhaite montrer, c'est-à-dire une image partielle de soi, quelque chose de morcelé, incomplet, embelli (ou enlaidi).
    J'ai toujours fait de mon mieux pour être honnête, et c'est probablement ce qui me gêne tant aujourd'hui dans un blog. J'aimerais parler à cœur ouvert, raconter de manière exhaustive les choses les plus intéressantes qui m'arrivent. Mais je n'en ai pas le temps et pas l'envie, car cela ne sera jamais complet.
    De là, la question : à quoi bon continuer ? Je ne sais pas vraiment. C'est sûrement pour avoir une sorte d' "identité" sur internet et plus particulièrement sur la blogosphère. Même incomplet, ce blog est une petite partie de moi. Je ne vais plus sur les forums depuis longtemps et mon compte Live Journal ne me sert à rien, donc pour moi c'est important d'avoir un point d'ancrage sur la toile autre qu'un simple Twitter ou un profil FB.
    Je vais donc continuer. Même si mes billets ne sont pas faramineux. Même s'ils se font rares. Même si cela parle peut-être un peu trop de gâteaux et d'ours en peluche. Je continuerai à parler de choses que j'aime, même sans réflexion ultra-profonde derrière. C'est un peu ma manière de partager, sans me regarder le nombril en permanence. C'est ainsi que je vois mon blog en ce moment, et que je risque de le voir pendant encore un long moment.

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02 juillet 2009

En vitesse

    Un dernier p'ti billet avant de m'en aller. Je ne vais pas très loin, mais c'est important pour moi, car comme je l'ai déjà dit précédemment: ce sera ma première Japan Expo. J'ai déjà parcouru le programme et noté ce qui m'intéressait; dommage que les défilés de cosplay et les concerts traditionnels tombent presque toujours en même temps, à croire qu'on ne peut pas s'intéresser aux deux à la fois ^^'

    Vendredi, je rejoins une copine, mais le reste du temps je serai seule, bien qu'il y ait quelques personnes que je connaisse dans les stands. C'est au fil du temps que j'ai réalisé qu'il ne fallait pas attendre les autres si l'on voulait vivre, et qu'on pouvait très bien s'accomoder d'être accompagné seulement par son ombre. Cela n'a pas été facile pour moi au départ; j'avais l'impression d'être un équilibriste traversant le vide sur un fil, sans attache ni rappel. Maintenant, cela va mieux, j'ai accepté de nombreuses choses et je n'ai plus peur.

    Il n'y a plus que les problèmes "matériels" qui ressurgissent, angoisse qui s'est acrue depuis le jour où je suis rentrée du Mang'azur (Toulon) (moralité: ne JAMAIS prendre le train après 18h entre Toulon et Marseille quand tu es une fille, seule et surtout si tu es "lookée"; heureusement, la chance a fait que je n'étais pas totalement seule, mais j'ai eu très peur quand même...). Hm... Nous verrons bien...

    Pour en revenir au train, voilà le programme du jour: à 12h15, je prends le bus de la ville, j'arrive vers 12h25 dans le centre; là, attente jusqu'à 12h57, où je prends le bus allant à Marseille; arrivée à Marseille, je prends la navette qui va à Aix; et arrivée à Aix, je prends la navette qui va jusqu'à la gare TGV. Puis mon train est à 16h19. C'était ça ou bien prendre le bus Martigues-Aix (pas direct du tout, mais au moins pas de correspondance...) et arriver d'après les horaires... à 16h10, arglh ! Comme je n'aime pas plus que ça tenter le diable, j'ai choisi la solution moins commode mais plus sûre (en espérant que ma carte d'autocar fonctionne toujours, sinon je ne vois pas comment je vais manger ces prochains jours ;_; ).
    A 19h19, je débarque à Paname, où l'amie de ma mère me reçoit.

    A part ça... J'étais partie en mission *chemisier* hier. J'ai eu le bonheur de trouver quelque chose qui va à peu près à... H&M. La mission n'était pourtant pas aisée: trouver un chemisier blanc, à manches courtes (si possible ballon... en tout cas, avec des manches !), avec une encolure haute (j'irai pas jusqu'à dire "un col", il ne faut pas rêver... mais au moins pas de décolleté plongeant...), et qui soit joli (très important et très dur à trouver !), avec un tout petit peu de froufrous ou de dentelles. Je pensais que ce serait impossible compte tenu de la mode actuelle... Heureusement, H&M est là; première fois que j'y rentre, et mes à-priori ont disparu: il y a des habits potables. Le chemisier n'est finalement pas blanc mais écru, ce que j'aime moins, mais il ressemble à quelque chose.

    Deuxième bonheur, après un gros stress: j'ai reçu à temps ma commande Baby, yeepee ! Gros stress car, après la confirmation de l'envoi lundi, je n'ai cessé de suivre le colis, sur www.post.japanpost.jp puis sur Chronopost. J'étais persuadée qu'il arriverait demain, histoire de bien me narguer; mais non, tout est arrivé ce matin ! Dans la boîte, il y avait: un chemisier, un tote bag, une paire de chaussettes et un headdress Alice & the Pirates. Mon prochain achat sera sûrement une paire de chaussures, les miennes me font mal aux pieds... Mais ce sera quand j'aurai à nouveau des sous, c'est-à-dire... euh... fin septembre ? T_T

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25 février 2009

A bientôt

Le hobbit se sauve demain, pour la métropole, pendant quatre jours. Pas très sérieux me direz-vous, avec tout ce boulot qui m'attend... Mais je crois que cette virée à deux, que je promets depuis plus d'une année, on en a besoin. Dernièrement, j'ai cru que la crise avait été atteinte; j'étais blasée, déçue, dépitée, résignée désespérée. Lorsque je me suis sauvée dans le mistral l'autre jour, pour fuir ce qui m'apparaissait inéluctable, j'ai cru le perdre. Me perdre. Heureusement, pour pallier mon égoïsme et ma puérilité, j'ai à mes côtés quelqu'un qui a de l'affection pour moi. Ma dernière attache ici. Le dernier rempart à ma solitude.

A bientôt Blogosphère. J'espère que je serai un peu plus sérieuse en revenant.

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30 décembre 2008

* pourquoi j'ai parfois l'impression de vivre dans un taudis *

moisi_moisi

Voici l'un des murs de chez moi. Et on en a encore plein comme ça.

    Tellement d'humidité que le papier peint se décolle tout seul, les ascomycètes se développent et se sont de véritables nids de lépismes qui s'installent. Lorsque je suis à Aix, j'adore ces petits bêtes, au corps souple et argenté; mais il fait tellement sec dans mon appart que je ne peux pas en avoir plus de trois/quatre à la fois. C'est autre chose que de tomber sur une masse grouillante.
    Le plus mieux meilleur, c'est dans ma chambre ou dans celle de ma mère: on ne doit absolument rien laisser sur le sol, ou alors on retrouve le-dit objet quelques jours plus tard gorgé d'eau, voire moisi.
    "Vous n'avez qu'à mettre de la peinture pour assainir !". Le problème, c'est qu'on l'a déjà fait, il y a deux ans. Et ça a re-moisi par-dessus. Avant-hier, ma mère a acheté à nouveau deux pots de peinture à L*roy M*rlin; elle en a eu pour plus de 80€, donc on espère que ça va marcher de manière durable, cette fois-ci.

    On ajoute à ça la poussière... Je suppose que c'est dû à la proximité de la voie rapide (on doit habiter à 20 mètres de celle-ci), car j'ai beau passer l'aspirateur à fond, je retrouve toujours quelques jours plus tard une mince pellicule de poussière sur tous les objets.

    Sans oublier le bordel. Ceux/celles qui me connaissent un peu savent que mes parents, en particulier mon père, ont la facheuse tendance de vouloir tout garder. "Tout", ça passe par exemple par des dizaines de fèves trouvées dans les galettes, les jouets cadeaux dans les céréales, des pubs d'il y a 4-5 ans (et là, je reste en dehors du domaine alimentaire...).
Le désordre en lui-même ne m'a jamais vraiment dérangée. J'ai grandi dedans, et en dehors de la gène que ma mère a toujours eu pour accueillir des gens, cela ne m'a jamais vraiment posé de problème. J'ai moi-même mon propre désordre, dans lequel je me retrouve plutôt bien la plupart du temps.
    Mais il y a "désordre" et "chaos". Dans notre cas, ce n'est plus un environnement vivable. Il y a déjà trop de choses dans un si petit espace, et mes parents ne cessent d'en ramener. "Oh, tu as vu ? J'ai acheté un joli cadre, il était en promotion..." "Et on va le mettre où ?..." "Ben là", dit-il en le posant sur une pile d'objets à peine en équilibre... -____-'
    J'ai vaguement lu un article dans le dernier Fémina qui parlait du désordre. Selon eux, le désordre, c'est "tendance". Ceux qui vivent dans le désordre profiteraient plus de la vie, et auraient une liberté plus grande. Mouais... Ceux-là ne connaissent pas les crises d'angoisse de mon père...

    Personnellement, j'ai l'impression d'avoir commencé à vivre lorsque je me suis rendue compte que 80% de ce qui traînait dans ma chambre (15m² ?) ne me servait pas. J'ai alors commencé à trier, voire à jeter... Souvent en cachette, car ma mère n'aurait pas voulu que je fasse disparaître ces tonnes de dessins faits à la maternelle, toutes ces revues pour enfants gondolées et incomplètes. J'ai beaucoup donné, mais je n'avais pas le temps. Si je n'avais pas jeté, j'aurais encore aujourd'hui des dizaines de caisses de travaux scolaires à côté de mon lit. Je n'aurais jamais pu avoir mon piano avec moi (après quatre ans de pratique), ni avoir une armoire, ni un endroit pour travailler. J'aurais été condamnée à rester dans cet univers figé, qui se remplissait sans cesse, sans aucun espoir de grandir, m'épanouir, respirer. Je ne pense d'ailleurs pas que cela aurait été possible si je n'avais pas rencontré mon n'hôm, puis si je n'avais pas eu ma Tanière. Tanière qu'il me faudra rendre un jour, et que je ne peux malheureusement pas tout le temps habiter à cause du boulot.
   
Je ne vais pas commencer aujourd'hui un débat avec moi-même sur le combat contre le Chaos. Chaos-désordre, chaos du corps, chaos de l'esprit... Cela remue trop de choses en moi de l'évoquer.
Et je ne suis pas d'humeur aujourd'hui.

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09 octobre 2008

Morose

    Je ne sais pas si c'est le froid ou la journée de pluie d'hier, mais j'ai envie d'hiberner. Creuser un terrier dans mes couettes, m'enterrer et dormir. Rester en pyjama toute la journée, grignoter, me gaver aux repas, et dormir. Ne plus penser à rien.
Être au chaud. Me saouler de sommeil.

    J'avais plein de choses à dire ces-derniers temps: le salon du jdr à Gémenos, le dernier spectacle vu, le dernier chantier, la rentrée, l'animation qu'on a montée pour le Festival des Explorateurs...
Mais quand enfin j'arrête de cavaler partout, je n'ai plus envie. Ni d'écrire, ni de rien.
    Je continue d'écrire sur mon green blog, parce que c'est facile et rapide: des infos, lâchées simplement, sans états d'âme... Mais pour un "vrai" billet ici, il va falloir attendre.

See you...

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08 février 2008

Une journée...

    Je n'ai toujours pas reçu mon atebas-de-la-mort, ni mon pagan-groupie-Omnia-pack, pas plus que mon calendrier Alan Lee, il n'y avait plus de place chez le coiffeur avant samedi, mais :
    - le prochain album de Caprice, Kywitt! Kywitt!, est annoncé pour fin février ;
    - le DVD tant attendu de Rosa+Crvx, Lvx.in.tenebris.lvcet, sort tout juste de la phase d'impression : il ne lui reste plus qu'à être cacheté pour être mis en vente !
    - en ce moment, je dévore Neverwhere de Neil Gaiman ;
    - demain, c'est soirée je-vois-plein-de-monde + nourriture + alcool + blablas ;

    Mais surtout : j'ai enfin eu le courage de téléphoner à mon archéologue préférée. Je lui ai même rendu visite l'après-midi même, à l'Atelier, où nous avons entre autres parlé stage. Je suis presque sûre de travailler dans un [très] grand hangar, une ex-usine de l'avant-dernier siècle (ça me changera du Château) qui a recueilli en son sein en septembre une collection cyclopéenne. Je n'en dis pas plus ici, c'est secret défense :o) Imaginez seulement que c'est vraiment un bordel monstre ! Un cauchemar pour les archéologues, et une véritable aubaine pour les étudiants à la recherche de matériel à étudier ^^

    Je suis même rentrée à pied jusqu'à chez moi, la flemme d'aller jusqu'au centre-ville pour attendre un bus... J'avais un peu de mal à respirer, alors que je ne marchais pas vite, le chemin n'était ni spécialement beau ni agréable à piétiner, mais j'ai aimé pouvoir sentir un peu mes muscles sous ma graisse peau, avoir conscience de leur mouvement régulier au fil de mes pas.

    Cette journée aurait pu être parfaite si la nouvelle n'était pas tombée. Je n'ai pas accompagné mon frère et ma mère à l'enterrement. Manque de courage ? J'en sais rien. J'avais plutôt l'impression que j'aurais été un peu comme un cheveu sur la soupe. J'ai quand même pensé très fort à l'ami de mon frère et à mon frangin. Je me suis surprise à pleurer, alors que je connaissais peu cette personne. Je crois que c'est de l'imaginer réduite à un simple souvenir qui me fait le plus mal, parce que c'était vraiment quelqu'un de bien.
Et aussi pour l'ami de mon frère, qui se retrouve sans père à 16 ans.
Ainsi que pour mon frère lui-même, qui en est à son deuxième deuil en deux semaines.
La vie tient à peu de choses, n'est-ce pas ?

ligneinv

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31 janvier 2008

Memento mori

    Cette journée fut vraiment longue et épuisante mais je voudrais vraiment écrire quelques mots avant d'aller m'écrouler dans mon lit.
    Office simple et humble, tout-à-fait à l'image de ma mémé. Un comité réduit, car même si elle liait connaissance avec tout le monde, ma mémé avait peu de personnes dans sa vie : mon pépé, mon papa, ma moman, mon frère et moi, mais aussi une amie de mon grand-père ainsi que trois personnes représentant le centre de vacances où s'est produit l'accident (parmi elles, le monsieur qui a plongé pour essayer de la sauver). La cérémonie s'est ouverte avec la Chanson Bleue (elle adorait Edith Piaf) et terminée avec l'Introit de Fauré, comme prévu. Pas de larme, pas de sanglot, rien que du recueillement. Ma moman n'a finalement lu que les textes que mon frère et moi avions écrit. Rien de grandiloquent, de vaste et de fort, rien que des choses sincères et directes. Pi quelques textes religieux, les prières que je ne connais pas et qui sonnent tellement creux pour moi; ce qui ne m'empêche pas de respecter la foi et le besoin de foi de chacun. Beaucoup de fleurs, envoyées par des collègues à nous, de la famille... pour nous dire qu'ils nous soutiennent.
    Bref. Une demi-heure plus tard, c'était terminé; il fallait évacuer pour laisser place à la cérémonie suivante.
    Personne n'a voulu assister à la "mise en flammes" (ce que je comprends très bien...).
    Le moment le plus difficile a finalement été celui où j'ai enfin revu mon pépé et mon pôpa restés au centre de vacances. Les sentir aussi tristes, démunis, fragiles... J'ai senti en moi une peine au-delà de toutes mes forces.
    Je n'ai pas eu besoin de voir le corps : jusqu'au dernier moment, j'avais peur que cela froisse mon grand-père. Je n'y connais rien aux cérémonies, du coup j'avais pensé que cela pouvait être mal vu, mais j'avais tort de me tracasser. Une pensée pour la dame que nous avons croisée à la maison funéraire et qui venait de perdre son père. Elle était bouleversée, d'autant plus qu'elle n'arrivait pas à ouvrir la chambre où reposait le corps de son paternel. On lui a alors trouvé le numéro du service, prêté un portable et proposé de composer le numéro à sa place (elle tremblait tellement), essayé de retaper le digicode de la chambre... Si bien que, un peu plus tard, alors que je sortais de cette étrange salle d'attente, elle est venue me remercier très sincèrement. J'ai été touchée que l'on vienne me dire merci pour si peu de choses. Je lui ai souhaité courage parce que c'était tout ce que je pouvais faire, et cela m'a fait bizarre d'être cette fois-ci plutôt celle qui "réconfortait" (des guillemets car c'est un bien grand mot...).
    L'urne, en sel, sera prête demain matin. Ma mémé ira rejoindre les vagues (elle a toujours aimé la mer et nous le disait parfois). Finalement, cette idée me soulage : je n'aurais pas supporté l'image de son corps pourrissant à plusieurs pieds sous terre, enfermé sous une plaque de marbre. Pour moi, après la mort, le corps devient peu de choses. Par ma phobie, l'idée de conserver une carcasse humaine devient encore plus intolérable. Aussi, je préfère que celui-ci disparaisse et que ses reliques soient rendues à la Terre.

"La mer ne sera pas ton tombeau, tu seras libre."

Voilà l'une des phrases que je lui ai écrites. Vous avez le droit de dire que c'est nul, mais au moins c'était de moi et c'était sincère.

    Je suis inquiète au sujet de mon paternels. Mon grand-père est encore complètement sonné, mais il peut rester dans le centre de vacances, donc être entouré de plein de gens, jusqu'aux vacances de Pâques. Quant à mon père... il ne parvient pas à faire le vide en lui. Je comprends qu'il soit aussi bouleversé, mais il n'arrive pas à accepter, il ne cesse de ressasser plein de choses, et il se fait beaucoup de mal. Cet après-midi, dès la cérémonie terminée, il a commencé à discuter/disputer au sujet de choses et d'autres : le fait qu'il n'ait pas lu de texte, un coup de fil un peu brusque d'un collègue, les fleurs laissées dans la voiture...
    Mais le sujet qui revient le plus souvent et qui semble le faire le plus souffrir est le fait qu'au moins une personne aurait aperçue sa mère au moment où elle se noyait. Et qu'il aurait crû qu'elle faisait de l'apnée (pendant vingt minutes, quand même), et qu'il n'aurait donc pas réagi. Je comprends sa colère, mais à quoi bon coller un procès à trois pauvres pelés qui n'y sont pour rien ?  "Non-assistance à personne en danger", si on veut... Mais ensuite ? Est-ce que ça la fera revenir ? Est-ce que cela appaisera notre chagrin ? Au contraire, je pense plutôt qu'il risque de s'enfermer dans un cercle vicieux et interminable de douleur. C'était un putain d'accident de merde comme il en arrive tout le temps, on ne peut rien y faire, on ne peut qu'accepter l'absence de la personne. Et le mieux pour ça, c'est de tirer un trait sur le passé, d'oublier toutes ces rancunes, tout ce qui n'a pas pu être fait/dit, parce que de toutes manières, on n'en aura plus l'occasion. Il faut que la vie reprenne malgré tout, parce que l'on a encore des gens à aimer, à aider, à rencontrer, et que ce serait trop bête de gâcher ça en ressassant des fantasmes.
Bref... J'espère vraiment pouvoir aider mon père, et dans le bon sens, même si je ne sais pas trop comment faire pour l'instant.

    Pour clôre ce billet et je l'espère cette période de deuil (je suis toujours triste, mais je me contente d'essayer d'accepter depuis le début, et je crois que j'y parviens), je voulais remercier du fond du coeur toutes les personnes qui m'avaient aidée ces derniers-jours, par leur soutien, leur gentillesse, leur affection, leurs messages, leurs paroles ou leur silence respectueux - même si elles ne viendront pas toutes lire ce billet -, parce qu'elles m'ont aidée à un point qu'elles n'imaginent peut-être même pas. C'était mon premier deuil en famille et j'avais vraiment besoin d'être entourée. Sachez que je vous rendrai la pareille si vous aussi, dans le futur, vous traversez des moments difficiles.

    Une dernière chose : le titre du message, "memento mori", n'était pas à prendre dans le sens de "souviens-toi de la mort" mais dans celui de "souviens-toi du défunt". Parce que c'est la chose la plus importante pour moi.

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29 janvier 2008

Deuil

    Je n'écrirai pas un billet suintant le pathos et le mélodramatique. Dans la vie "vraie", je suis quelqu'un de simple, sans artifice (enfin, je crois).

    Je voulais juste écrire un mot à propos d'aujourd'hui, et inscrire ici une pensée pour C. C., que j'ai croisée dans les couloirs avant d'aller à ce fichu partiel (pas terrible de faire le deuil en noircissant des copies, je vous le dis). Avec qui j'ai comme ça, commencé à parler de la futilité des choses materielles et de l'importance de la santé, des gens (on était partis des cours... du fait qu'elle les avait perdus récemment dans un déménagement... et qu'elle avait aussi cassé de la vaisselle). Et puis il s'est avéré, au fil des paroles, qu'elle avait elle aussi passé un super dimanche, puisqu'on lui a annoncé que son oncle a un cancer et qu'il n'en a plus pour longtemps. Du coup, toutes ces histoires d'examens, de stress, de gens qui révisent jusqu'à la dernière seconde, de performance, de note... lui passent un peu au-dessus de la tête. Carrément, même. Et quand je lui ai dit que moi aussi, c'était exactement pareil, que je pensais plus à l'incinération de ma mémé qu'aux révisions, on a vraiment parlé de tout ça, et c'était bien. En fait, je croyais être malchanceuse, mais C., ça fait deux années de suite qu'elle est maudite : l'an dernier, c'était deux membres de sa famille qui décédaient à peu près au moment des examens.
    Avant de se séparer, elle m'a dit que ça lui avait fait du bien de parler, qu'elle se sentait moins stressée et qu'elle avait moins peur de péter un câble pendant l'épreuve. Ca m'a fait énormément plaisir d'entendre ça, d'autant plus que c'était tout pareil de mon côté.

    L'incinération est donc demain. J'ai extrêmement peur, car je ne sais pas comment cela se passe, et surtout parce que je ne veux pas voir le corps.
    J'ai une phobie intense des cadavres. Je dois quitter une pièce si des personnes se mettent à parler de ça, sinon je fais un malaise. Pareil pour ce qui est des mutilations, du sang, de l'anthropophagie...
    Ce n'est pas quelque chose de drôle. Je crois que l'on a tous en nous une angoisse indéfinissable, du l'ordre de l'animal, qui nous pousse à rejeter violemment et loin de nous tout ce qui touche à la mort, et au contraire à accepter en toute hâte tout ce qui est de l'ordre de la vie. Je ne dis pas que tout le monde chante "y'a d'la joie" en peignant des lapins roses, mais tout le monde aime prendre du plaisir (qu'il soit physique ou psychique ou les deux). Sinon, c'est que la personne est déjà bien engagée sur le chemin de la mort. Bref... Dans mon cas, je crois que la répugnance vis-à-vis de la mort atteint des proportions importantes. Je suis capable de vomir en entendant parler de carcasses. Ce n'est pas une phobie que j'ai voulue (certains imaginent que c'est possible), j'ai même honte d'être aussi faible de ce point de vue-là. Alors que j'aime énormément les ossements, nos reliques, la partie la plus terreste de nous-même (car minérale). Peut-être que si j'avais eu une éducation chrétienne, je ne considèrerais pas le corps du défunt comme un cadavre, un objet putrescent qui n'a plus rien à voir avec la vie. Je n'en sais rien.

    Aujourd'hui était aussi le jour de l'anniversaire de mon pépé... Comme quoi, les coïncidences.................

    Mes parents aimeraient que j'écrive un texte, je crois. Seulement, toute parole me semble bien vaine. Face à ce genre de choses, je me rends compte que je préfère de loin le silence aux blablas. Tout le contraire de ma mère, qui elle inonde naturellement les gens de paroles en toutes occasions, et même en cas de deuil. Ce n'est pas particulièrement agréable lorsque l'on a soi-même besoin de paix. Je sais que c'est pour elle un moyen d'évacuer ça, mais je n'ai pas besoin de faire le deuil pour deux. Je pense aussi qu'annoncer la nouvelle à la moindre personne que l'on croise (ami, collègue, connaissance éloignée), et ce d'emblée, n'est pas très cool pour l'interlocuteur. Enfin, chacun son ressenti, sa manière d'agir, etc......

    * retour du salon * Mes parents cherchaient un chant grégorien mais n'arrivaient pas à se décider. J'ai agi presque naturellement en leur proposant plutôt l'Introït du Requiem de Fauré. Et comme il dure deux minutes, j'ai de la chance : on n'écoutera pas le Kyrie, qui me fait déjà chialer en temps normal.

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27 janvier 2008

Au-revoir

J'ai un peu pleuré, mais c'était surtout à cause des oignons. Je crois que je n'arrive pas encore à réaliser. Il n'y a que quand je le dis que ma gorge se serre.
Au-revoir. Je te promets que ton souvenir restera toujours vivace en moi.

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01 janvier 2008

2007 : stage cleared

    Je commence bien 2008 : après une semaine de bronchite, voilà que j'enchaîne sur un rhume /rhino /sinusite. C'est trop bien parce que, comme j'allais mieux, je me disais que j'allais pouvoir me mettre à fond dans les révisions et me préparer à ces p#t@ins d'examens qui arrivent à 100 à l'heure. Mais il faut voir le bon côté des choses : l'année dernière, le même jour, j'agonisais d'une grippe monstrueuse, que même Wahnby et Thanakiel avaient chopé alors qu'ils étaient vaccinés. J'avais attrapé ça à quelques jours du permis et une semaine des partiels, donc je m'en sors peut-être pas trop mal avec un simple rhume.
    Au début de l'année, il est de coutume d'établir une liste de "résolutions". Je n'ai jamais très bien compris à quoi cela servait de faire ça puisque, personnellement, je prends des résolutions n'importe quand et sans vraiment jurer de les tenir longtemps. Je suppose que cela fait juste partie de la tradition, au même titre que les cotillons et le champagne. Comme je suis une rebelz de toutes manières, je ne prendrai pas plus de résolutions cette année que les autres, je continuerai juste sur celles que je me suis déjà fixées il y a longtemps: réussir, profiter, aimer, et ce dans le plus de domaines possibles.

    Je peux néanmoins faire (rapidement) le point sur ces 365 derniers jours.
    Tout d'abord, j'ai toutes mes raisons de placer 2007 sous le signe de l'échec. Echec du permis, que j'ai [lamentablement] loupé pour l'instant trois fois. Echec en amour ou presque, puisque mon n'hôm et moi avons failli nous séparer pour la première fois depuis quatre ans et demi. Echec à l'école de musique, puisque je n'ai plus eu le temps de vraiment travailler le piano; je n'ai pas abandonné, mais presque. Echec du point de vue santé/moral puisque c'est l'année où j'ai vraiment expérimenté l'insomnie et la dépendance aux médic (avec la fin de l'année 2006 aussi). Echec scolaire enfin, car même si je n'ai pas redoublé, j'ai l'impression de n'avoir rien appris; j'ai même été jusqu'à rendre feuille blanche à un partiel, chose impensable pour moi un an plus tôt. J'ai voulu tenter le rythme 3 heures de cours par jour + 3-4 heures perdues dans les transports + 1 à 2 heures pour travailler le piano/solfège + 3 heures consacrées à mon n'hôm + les heures pour manger-dormir + les heures pour relire (voire réécrire) et compléter les cours. Eh bien c'est un rythme qui ne fonctionne pas sur moi. Avec mes angoisses récurrentes, j'ai très vite "sombré" dans un cauchemar à base de nuits très courtes, de somnifères/anxio et d'épuisement. En cours, j'avais vraiment beaucoup de mal à suivre, je ne comprenais souvent que la moitié et je ne me relisais quasiment jamais. A un moment, j'avais même envisagé de louper volontairement certaines matières afin de les repasser en septembre et obtenir une note convenable.
     Mais 2007, ce n'est heureusement pas seulement ça. C'est aussi l'année où j'ai commencé à un peu fréquenter les bars. Je n'ai pas vraiment rencontré de nouvelles personnes mais j'en ai mieux connu d'autres, ce qui est tout aussi (voire encore plus) extraordinaire. C'est l'année où j'ai pu faire mon stage au local archéologique de Port-de-Bouc : celui-ci m'a vraiment fait prendre conscience que j'aimais l'archéo même en dehors des cours (il était temps). C'est l'année où mon n'hôm et moi avons fêté "nos" cinq ans. C'est l'année où j'ai pu goûter un peu plus à la liberté et à la paix, ceci grâce au petit studio estudiantin que j'ai depuis octobre. L'année où mon copain a commencé à travailler "pour de vrai". L'année où j'ai eu mon premier nordinateur et mon premier appareil photo.
    Bref, une année pas si moche que ça au final, surtout depuis fin septembre puisque vivre à Aix m'a permis de me sortir de tous les problèmes rencontrés en L2, avec de chouettes avantages en prime : les sorties entre potes le soir, la tranquillité, la possibilité de recevoir/inviter des gens chez soi (notamment mon n'hôm)... Je ne sais toujours pas ce que je deviendrai ni ce que je ferai l'année prochaine, mais ce qui est sûr c'est que je peux continuer ma route plus sereinement. On verra ce qui m'attend pour 2008.

Allez, bonne année à toutes et à tous.

bonne_ann_e_hobbits

illustration : Last Sight of Hobbiton, par Ted Nasmith

Posté par Llewella à 23:48 - ºDivan - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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